Le maire de Villeron, Dominique Kudla, et cinq habitants étaient jugés pour la destruction d’un camp de Roms en février 2023. Le tribunal de Pontoise les a tous relaxés, malgré des tensions et insultes racistes relevées lors des faits.

Selon les informations du Parisien, le tribunal correctionnel de Pontoise a relaxé ce lundi 23 juin 2025 Dominique Kudla, maire sans étiquette de Villeron (Val-d’Oise), ainsi que cinq de ses administrés. Ils étaient poursuivis pour avoir, en février 2023, participé à la mise en fuite de familles Roms et à la destruction de leurs cabanons installés dans un bois communal depuis plusieurs mois.
En amont des faits, un climat de tension régnait dans la commune. Le 5 février 2023, environ 200 habitants, dont des élus municipaux, ont manifesté pour exiger le départ du campement, malgré le départ préalable de la majorité des familles. Devant les derniers occupants — essentiellement des femmes et des enfants —, les manifestants ont proféré insultes et menaces. Certains ont contourné les forces de l’ordre pour pénétrer dans le camp, puis ont entrepris la destruction des abris de fortune.
La justice reprochait au maire une absence de réaction, voire une certaine tolérance face à cette initiative musclée. « C’est une vague, il faut bien qu’ils se défoulent un peu », aurait-il déclaré aux gendarmes. Il a également fait intervenir un habitant pour creuser une tranchée et démolir les cabanons, croyant — à tort — que l’expulsion était officiellement prononcée.
Poursuivis pour « voie de fait, violences, et dégradations à caractère racial », tous les prévenus ont été déclarés non coupables, faute d’éléments constitutifs suffisants selon la présidente du tribunal. Si le parquet avait requis la relaxe pour le maire, il réclamait en revanche six mois de sursis pour un autre habitant, également relaxé.
Les associations plaignantes, notamment Romeurope et la Voix des Roms, ont dénoncé une opération d’expulsion déguisée, menée sans cadre légal et avec la tolérance des autorités locales. Lors de l’audience, leurs avocats ont fustigé une « violence collective légitimée », appelant la justice à reconnaître la gravité de tels agissements. Ils estiment que cette décision de relaxe risque d’envoyer un message préoccupant quant à l’impunité face aux actions visant des populations marginalisées.
Pour en savoir plus : Le Parisien
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Bravo à la justice pour avoir relaxé le maire et ses citoyens