L’écrivain Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis plus de sept mois, n’a pas bénéficié de la grâce présidentielle d’Abdelmadjid Tebboune à l’occasion de la Fête de l’indépendance. Une décision qui aggrave les tensions diplomatiques avec la France.

Alors que de nombreuses grâces présidentielles étaient attendues en Algérie à l’occasion de la Fête de l’indépendance du 5 juillet, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal n’a pas été inclus dans les bénéficiaires, selon les informations publiées par le journaliste Mohamed Sifaoui sur X (ex-Twitter) et rapportées par Jean-Marc Morandini.
L’intellectuel de 75 ans, romancier et essayiste reconnu, est incarcéré en Algérie depuis plus de sept mois. Il a été condamné en première instance, le 27 mars 2025, à cinq ans de réclusion pour des propos tenus en octobre 2024 sur le média français Frontières, jugés attentatoires à l’intégrité du territoire algérien. Il y évoquait notamment que certains territoires actuels de l’Algérie auraient historiquement appartenu au Maroc avant la colonisation française.
L’absence de grâce présidentielle constitue un signal politique fort et risque d’envenimer davantage les relations diplomatiques déjà dégradées entre Paris et Alger. L’arrestation de Boualem Sansal, largement dénoncée par des ONG, des intellectuels et des élus français, est perçue comme une attaque contre la liberté d’expression et une tentative d’intimidation contre les voix critiques du régime algérien.
L’Élysée, pour l’heure, n’a pas officiellement réagi, mais cette décision pourrait alimenter de nouvelles tensions dans une relation bilatérale déjà fragilisée par de multiples contentieux historiques et politiques.
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