Une vidéo diffusée par la BBC montre des gendarmes français crevant un canot de migrants sur une plage du Pas-de-Calais. Le Royaume-Uni salue un « changement de doctrine » pour empêcher les traversées de la Manche. Aucune victime n’est à déplorer.

Traversées migratoires : la France modifie sa stratégie, le Royaume-Uni applaudit
D’après les informations de France Info, une scène filmée vendredi 4 juillet sur la plage de Saint-Étienne-au-Mont (Pas-de-Calais) a marqué un tournant dans les opérations françaises de lutte contre les traversées clandestines de la Manche. Sur ces images diffusées par la BBC, on voit des gendarmes français s’avancer dans des eaux peu profondes pour perforer à l’aide de cutters un canot pneumatique à bord duquel se trouvent de nombreux migrants, y compris des enfants.
Cette intervention, inédite dans sa méthode, a été saluée par les autorités britanniques. « Nous constatons un durcissement de l’approche française », a réagi un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer. Selon lui, ces nouvelles tactiques visent à « perturber les départs dès la plage » et pourraient avoir un « impact majeur » dans la lutte contre les réseaux de passeurs qui exploitent les migrants.
La préfecture des Hauts-de-France, qui a confirmé l’intervention, précise que l’action s’est déroulée alors qu’un canot — déjà chargé de 30 personnes — s’apprêtait à embarquer une cinquantaine de migrants supplémentaires. L’intervention des gendarmes visait à éviter tout risque de chavirement ou de noyade, l’embarcation étant jugée particulièrement « fragile ». Aucune blessure n’a été signalée parmi les personnes présentes.
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une pression accrue exercée par le Royaume-Uni sur la France, qui souhaite un changement de doctrine d’intervention en mer. Londres demande que les forces françaises puissent intercepter les embarcations jusqu’à 300 mètres du rivage, avant qu’elles ne deviennent juridiquement inaccessibles en mer selon le droit international, qui impose une logique de sauvetage.
En avril 2024, une scène similaire avait déjà été observée par des journalistes de l’AFP. Un policier français avait alors crevé un bateau pneumatique, provoquant les pleurs et la colère d’un migrant, qui avait toutefois pu repartir plus tard sur une autre embarcation surchargée.
Ces nouvelles pratiques soulèvent des questions sur les limites légales et éthiques de l’intervention en zone littorale, mais traduisent une volonté politique affirmée de part et d’autre de la Manche de freiner les départs à la source.
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