Mobilisés dans tout le pays, les CRS alertent sur leur épuisement. Le syndicat Alliance dénonce une gestion irrationnelle et un détournement permanent des missions.

Des CRS sur tous les fronts, épuisés, sans visibilité, ni reconnaissance.
Depuis plusieurs mois, les compagnies républicaines de sécurité (CRS) enchaînent les missions imprévues à travers la France, dans un climat de tension croissante. Le 30 juin, le syndicat Alliance Police nationale CRS a publiquement tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux, dénonçant une « démesure » et un « manque de considération » criant à l’égard de leurs collègues.
Un exemple frappant : la compagnie 42, basée à Nantes, devait initialement assurer une mission de sécurisation de 20 jours à Lyon. Mais elle n’y est restée que quelques jours, avant d’être envoyée en urgence à Paris, puis à Strasbourg, totalisant plus de 5 000 kilomètres parcourus en 12 trajets à travers le pays. « Ça continue », s’est indigné le syndicat, qui a publié une carte illustrant ce parcours chaotique.
Et ce n’est pas un cas isolé. La compagnie 34, quant à elle, avait été envoyée à Nice du 4 au 27 juin. Mais, sollicitée pour des interventions de dernière minute, elle a dû mobiliser ses 15 véhicules sur une distance cumulée de 132 000 kilomètres, engendrant près de 16 300 euros de frais de péages et une consommation de carburant atteignant 15 800 litres. « On n’arrive plus à gérer », confie Johann Cavalléro, délégué national CRS chez Alliance, dans une interview accordée à Valeurs actuelles.
Selon lui, les unités de CRS sont engagées sur 32 missions dites « permanentes », réparties sur toute l’année, ce qui monopolise 48 compagnies sur les 59 disponibles. Cinq autres sont en formation, laissant seulement six unités disponibles pour les interventions d’urgence nationales. Ce déséquilibre contraint les préfets, faute de moyens locaux, à solliciter des CRS affectés dans d’autres régions. Résultat : les missions initiales sont systématiquement détournées pour répondre à des urgences souvent imprévisibles.
L’un des détournements les plus fréquents concerne la lutte contre l’immigration clandestine, représentant à elle seule 30 % des redéploiements, selon Alliance. Le syndicat déplore également une perte de contrôle du ministère de l’Intérieur au profit des préfets, chacun usant de son influence pour obtenir des renforts : « On assiste à une gestion éclatée, loin de la doctrine d’emploi des forces mobiles adoptée en 2015 », critique Cavalléro.
Les décisions deviennent parfois absurdes, à l’image de cette compagnie envoyée de Lyon à Paris pour une mission d’une demi-journée lors de la finale de la Ligue des champions, avant d’être renvoyée chez elle 48 heures plus tard.
À quelques jours du 14 juillet, période critique en matière de sécurité, l’incertitude reste totale sur le déploiement des effectifs. « Vous verrez, il y aura encore des CRS de Lyon, Marseille ou Bordeaux qui vont devoir monter à Paris », prévient le représentant syndical, inquiet d’une désorganisation chronique à la veille d’un événement national majeur.
(Merci Yann Bourguignon)
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