Deux femmes seront jugées en décembre à Évry pour avoir détourné et blanchi près de 150 000 € au préjudice de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) dans l’Essonne. L’affaire avait débuté après un signalement Tracfin en 2018.

Détournement à l’ASE : deux femmes devant la justice pour avoir siphonné l’argent des mineurs isolés
Évry (Essonne) – Le parquet l’a confirmé ce mardi 16 juillet 2025 : deux femmes âgées de 54 et 49 ans, soupçonnées d’avoir détourné et blanchi près de 150 000 euros, seront jugées le 16 décembre devant le tribunal correctionnel d’Évry. Selon les informations du Figaro, l’affaire concerne un préjudice global estimé à 367 000 euros, au détriment de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), sur la période de 2016 à 2024.
Une société spécialisée dans l’accueil de mineurs isolés
Les deux mises en cause dirigeaient une société installée à Dourdan (Essonne), officiellement dédiée à l’accueil de mineurs isolés. Radiée depuis, la structure faisait l’objet depuis 2018 d’une enquête déclenchée par un signalement de Tracfin, qui avait relevé des « flux financiers atypiques ».
L’analyse des mouvements bancaires a mis en lumière des virements douteux, notamment vers :
la présidente de l’entreprise, la société de restauration de son associée, des personnes fiscalement défaillantes qui rétrocédaient ensuite une partie des fonds.
Faux, abus de biens sociaux et blanchiment
Les chefs d’accusation retenus sont lourds : abus de biens sociaux, blanchiment, et pour l’une d’entre elles, faux.
Le parquet d’Évry précise que 144 739 euros ont été directement détournés, tandis que 223 141 euros ont transité dans des circuits de blanchiment. Les deux femmes ont été déférées jeudi dernier à l’issue de l’enquête confiée à la brigade de la criminalité financière de la DCOS (Police judiciaire des Yvelines), et placées sous contrôle judiciaire.
Un climat trouble autour de l’ASE
Ce dossier s’ajoute à un climat déjà tendu autour de l’Aide sociale à l’enfance de l’Essonne, visée par une mise en demeure en avril dernier pour défaillances graves à la suite de plaintes de familles dont les enfants auraient été impliqués dans des faits de prostitution.
Cette affaire pose une nouvelle fois la question du contrôle des fonds publics alloués à la protection des mineurs vulnérables, un secteur déjà fragilisé par les scandales à répétition.
(Merci Fabrice Guérault)
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