Un homme de 52 ans, poursuivi pour avoir filmé des fillettes dans les cabines d’une piscine à Strasbourg, s’est donné la mort en se jetant sous un train, quelques jours avant son procès pour voyeurisme sur mineurs. L’affaire est classée.

Strasbourg : l’homme accusé d’avoir filmé des fillettes dans des cabines de piscine se donne la mort avant son procès
STRASBOURG – Selon les informations d’Ici Alsace, l’homme de 52 ans qui devait comparaître le 23 juillet 2025 devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour des faits de voyeurisme sur mineures a été retrouvé mort. Il s’est suicidé en se jetant sous un train, mettant fin à l’action publique engagée contre lui.
Interpellé en flagrant délit à la piscine de Hautepierre
Les faits remontent au 9 juin dernier, à la piscine municipale de Hautepierre, à Strasbourg. L’homme avait été pris sur le fait alors qu’il filmait deux petites filles dans une cabine d’essayage. C’est le père de l’une des victimes qui avait permis son interpellation immédiate par les agents de sécurité, puis la police.
Une perquisition à son domicile avait permis de découvrir des enregistrements étalés sur deux ans dans ses ordinateurs. Au total, plus d’une soixantaine de victimes auraient été identifiées ou seraient concernées, selon une source proche du dossier.
L’affaire, d’une gravité rare, avait suscité une vive émotion dans la région, poussant les autorités à repousser l’audience initiale afin de permettre une analyse plus approfondie du matériel informatique saisi.
Une pression médiatique dénoncée par la defense
Placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement, le quinquagénaire devait répondre des faits de voyeurisme aggravé devant la justice. Mais à quelques heures de l’audience, il a mis fin à ses jours en se jetant sous un train.
Son avocate a pris la parole à l’ouverture de l’audience, dénonçant une “mise à mort sociale”.
« Jeté en pâture par les parties civiles, sa mise à mort virtuelle a conduit à son suicide réel », a-t-elle déclaré, pointant du doigt la pression médiatique et sociale qui aurait pesé sur son client.
La douleur des familles et la nécessité de prévenir
Du côté des parties civiles, l’émotion reste vive mais mesurée. Me Fleur Toutain, avocate des parents des deux fillettes filmées en juin, a confié que ses clients ne souhaitaient pas ajouter à cette dramatique nouvelle.
« Ce décès ne met pas fin à leur combat. Ils souhaitent désormais obtenir de la Ville de Strasbourg des mesures concrètes de prévention, notamment dans les établissements publics comme les piscines. »
Le suicide du prévenu entraîne l’extinction de l’action publique, ce qui signifie que l’affaire ne sera pas jugée. Elle laisse néanmoins derrière elle des dizaines de familles en attente de réponses et relance le débat sur la sécurisation des lieux publics et la prévention des actes de voyeurisme, en particulier envers les mineurs.
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