À Marseille, la condamnation d’un proxénète de 22 ans à une peine sous bracelet électronique suscite la colère des proches de Lisa, 15 ans, victime de prostitution depuis ses 11 ans. Découvrez les failles du système judiciaire face à la traite des mineures.

Marseille : une peine sous bracelet électronique pour le proxénète d’une adolescente de 15 ans
Selon les informations du Parisien, le 18 juillet 2025, le tribunal de Marseille a rendu un verdict qui a profondément choqué la famille de Lisa (prénom modifié), une adolescente de 15 ans victime de prostitution depuis l’âge de 11 ou 12 ans.
Dorian, 22 ans, reconnu coupable de proxénétisme aggravé sur la jeune fille, a été condamné à quatre ans de prison, dont trois avec sursis probatoire. Au lieu d’une incarcération, il purgera sa peine sous bracelet électronique, une décision qui révolte les proches de Lisa et met en lumière les failles du système judiciaire face à l’exploitation des mineures.
Une adolescente vulnérable dans l’engrenage de la prostitution
Lisa, placée sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Gard, est une adolescente en grande détresse. Interdite de séjour à Marseille par la justice, elle a été repérée par la brigade des mineurs via des annonces sur un site d’escorting. C’est ainsi que Dorian, son proxénète, a été interpellé et jugé en comparution immédiate. Ce dernier, au casier judiciaire vierge, vivait avec Lisa et l’exploitait sexuellement. Malgré une interdiction de contact pendant cinq ans et des obligations de soins et de travail, il reste libre sous surveillance électronique.
Un système judiciaire critiqué
« C’est une nouvelle illustration de l’impuissance de la justice face à la prostitution des mineures », déplore Me Pierre Debuisson, avocat de la mère de Lisa et de l’association Nos ados oubliés. Le parquet de Marseille avait requis un mandat de dépôt, mais la décision de ne pas incarcérer Dorian a suscité l’incompréhension. « Il est arrivé libre et reparti libre. Cela envoie un message d’impunité aux auteurs de ces actes », ajoute l’avocat.
Jennifer Pailhé, présidente de l’association Nos ados oubliés, pointe du doigt l’inaction des institutions : « La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qualifie Dorian de ‘conjoint’ de Lisa, alors qu’il est majeur et la prostitue. Cette tolérance est aberrante. » Elle regrette également l’absence de mesures concrètes pour protéger Lisa, qui reste dans le déni et continue de violer son contrôle judiciaire.
Un parcours marqué par la violence
Lisa est une victime de longue date. Avant Dorian, elle a été exploitée par un autre proxénète, condamné à quatre ans de prison ferme, et a subi des viols en foyer. Utilisée par des réseaux de trafiquants de stupéfiants, elle est tombée dans la prostitution très jeune, sans que la justice ou l’ASE ne parvienne à l’extraire de cet enfer. « On aurait pu la placer dans un centre éducatif fermé pour lui offrir une chance de reconstruction, mais aucune décision n’a été prise », souligne Jennifer Pailhé.
Une mobilisation pour alerter
La police marseillaise, sensibilisée à la traite des mineures, a joué un rôle clé en repérant Lisa. Cependant, les signalements répétés au parquet de Nîmes et à la PJJ n’ont pas conduit à des mesures suffisantes. Pour les proches de Lisa et les associations, ce verdict symbolise un échec systémique. « Il faut des décisions fortes pour protéger ces adolescentes et briser le cycle de l’exploitation », conclut Me Debuisson.
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Il semble que de tout temps une impunité envers les violeurs, les proxenetes, les violeurs sadiques avec meurtres bénéficient de la plus grande mansuétude.