À Toulouse, un détenu de 37 ans a tenté d’extorquer 50 000 € à un adjudant de gendarmerie après avoir découvert sa liaison avec sa compagne. Le gendarme, révoqué depuis, a vu sa carrière et son mariage détruits.

Un voyou tente d’extorquer un gendarme en découvrant sa liaison
Une rencontre explosive à l’origine du scandale
L’affaire débute en 2016, à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse. Jean-Marc, adjudant de gendarmerie à la brigade de Muret, suit alors des dossiers liés au trafic de stupéfiants. C’est dans ce cadre qu’il rencontre Salah, détenu, et sa compagne Dorothée.
Au fil des gardes à vue et des parloirs, l’adjudant se rapproche de la jeune femme et entame avec elle une relation adultérine. Entre le printemps et l’automne, leurs rendez-vous se multiplient, dans des hôtels, des voitures… et même jusque dans les locaux du palais de justice de Toulouse.
Menaces et chantage
Lorsque Salah découvre la liaison, le ton change. Le militaire reçoit une série de messages inquiétants sur son téléphone :
« Chez les gendarmes, il y a des pourris. » « Tu vas avoir des problèmes toi et ta famille. » « J’ai de quoi te faire tomber. »
Le détenu accuse l’adjudant d’avoir puisé dans les scellés pour fournir sa compagne en cannabis et exige 50 000 euros pour garder le silence. Pris de panique, Jean-Marc finit par avouer sa double vie à son épouse et à sa hiérarchie. L’onde de choc est considérable : divorce, réputation brisée et révocation de la gendarmerie.
Un procès neuf ans plus tard
Neuf ans après les faits, Salah, aujourd’hui âgé de 37 ans, devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Toulouse, mais était absent. Déjà lourdement condamné par le passé, il est poursuivi pour détention de stupéfiants et tentative de chantage.
La procureure, rappelant « des faits extrêmement graves », a requis 18 mois de prison ferme avec mandat d’arrêt. L’avocate du gendarme, Me Sandra Vazquez, insiste sur les dégâts humains : « Cette extorsion a détruit sa carrière et son mariage. » Elle réclame 5 000 euros pour le préjudice moral et les frais liés au divorce.
La défense contre-attaque
De son côté, l’avocat de Salah, Me Alexandre Martin, met en avant le manque de preuves : « Il n’existe aucun message demandant explicitement de l’argent. Mon client est un voyou, mais un OPJ qui entretient une liaison avec la compagne d’un détenu tout en la fournissant en cannabis pose un problème éthique majeur. »
Le verdict
Le tribunal a condamné Salah à neuf mois de prison, à une interdiction de port d’armes pendant cinq ans, ainsi qu’à verser 1 000 euros pour préjudice moral et 1 000 euros pour les frais de justice.
Concernant l’ex-gendarme, déjà condamné en première instance pour fourniture de stupéfiants, il a fait appel et reste présumé innocent.
(Merci Rudy van Cappellen)
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