Deux frères ont été condamnés à Douai pour avoir tendu un guet-apens à un adolescent soupçonné d’avoir violé leur sœur. Ils l’ont frappé sur le parvis de la gare.

Un guet-apens organisé via le téléphone de la victime présumée
Le 25 février, sur le parvis de la gare de Douai, deux frères originaires de Lille, Jacob D. A., 23 ans, et Abraham I., 28 ans, ont attiré un adolescent mineur, Akim (prénom modifié), qu’ils soupçonnaient d’avoir violé leur sœur Rachel le 8 février. Pour organiser ce rendez-vous, ils se sont fait passer pour leur sœur en utilisant son téléphone portable.
Dès l’arrivée de l’adolescent, comme le relate La Voix du Nord, les deux hommes l’ont frappé à coups de poing et de pied. Une employée d’un restaurant voisin a filmé la scène, montrant les agresseurs tentant ensuite de le pousser vers un véhicule. Alertée, la police est rapidement intervenue et a interpellé les deux frères sur place. Un troisième individu avait pris la fuite.
Les motivations invoquées par les prévenus
Lors de l’audience, Jacob D. A. a déclaré : « Mon but, c’était de le ramener au commissariat ». Il affirme avoir agi sous l’emprise de la colère après avoir appris les accusations visant le mineur. Leur sœur n’avait pas encore porté plainte au moment des faits, expliquant craindre des menaces de diffusion de vidéos personnelles.
La procureure a rappelé que la justice ne peut être rendue par des particuliers : « C’est inadmissible de se comporter comme ça. Les faits étaient prémédités ».
Décision du tribunal
Le tribunal correctionnel de Douai a reconnu les deux frères coupables de violences, mais les a relaxés pour la tentative d’enlèvement.
Ils ont été condamnés à :
– Jacob D. A. : 70 heures de travail d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral
– Abraham I. : 1 500 € d’amende avec sursis et un stage de citoyennetĂ© Ă ses frais.
Akim, la victime des violences, a obtenu 530 € de dommages et intérêts. L’enquête pour viol présumé dont il fait l’objet est toujours en cours d’instruction.
Une affaire toujours suivie par la justice
Cette affaire met en lumière les risques liés à la justice personnelle. Si les frères affirment avoir voulu confronter l’adolescent, la justice rappelle que seule l’institution judiciaire est compétente pour traiter des accusations de nature criminelle.
(Merci Rudy van Cappellen)
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