Une semaine après la mise en examen de deux policiers accusés d’avoir violé une jeune femme dans le dépôt du tribunal de Bobigny, les autorités annoncent une mesure forte : la présence obligatoire d’une policière dans chaque équipe de nuit.

Une mesure immédiate après un scandale d’une rare gravité
Une semaine après l’incarcération de deux policiers accusés d’avoir violé une prévenue de 26 ans au dépôt du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), les autorités judiciaires ont annoncé, ce vendredi 7 novembre, une mesure inédite : la présence systématique d’une policière dans chaque équipe de nuit affectée à la surveillance du dépôt, relate France Info.
Le procureur de Bobigny, Éric Mathais, a précisé que cette décision faisait suite à une faille constatée le soir des faits :
« En principe, il y avait toujours une femme parmi les six policiers de l’effectif de nuit, mais le soir des faits, il n’y en avait pas. »
Le directeur territorial de la sécurité publique (DTSP) s’est désormais engagé à garantir cette présence féminine constante.
Une enquête en cours et des répercussions judiciaires
Les deux policiers mis en examen, âgés de 35 et 23 ans, sont poursuivis pour viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions. Ils auraient agressé sexuellement une jeune femme dans la nuit du 28 au 29 octobre, au sous-sol du palais de justice.
La victime avait dénoncé les faits directement auprès d’un magistrat du parquet dès le lendemain matin, déclenchant immédiatement l’ouverture d’une enquête confiée à la Direction de la police judiciaire de Paris.
Un dépôt vétuste en attente de rénovation
Le dépôt du tribunal de Bobigny, situé au sous-sol du bâtiment, accueille chaque jour des dizaines de personnes.
À l’occasion d’une visite sur place, Jacques Boulard, premier président de la cour d’appel de Paris, a constaté « l’état de vétusté de ces locaux ». Il a rappelé qu’un projet de rénovation de 150 millions d’euros était prévu à l’horizon 2029, comprenant la construction d’un nouveau dépôt plus sûr et mieux adapté.
En attendant, une commission dédiée à l’amélioration des conditions d’accueil sera mise en place le 12 novembre, avec des visites mensuelles destinées à repérer et corriger les dysfonctionnements.
Un mouvement de protestation sans précédent des avocats
Face à ce scandale qualifié « d’une exceptionnelle gravité », les 650 avocats du barreau de Seine-Saint-Denis ont suspendu depuis lundi leurs permanences pénales au dépôt du tribunal.
Cette grève entraîne une cascade de renvois d’audiences, désorganisant temporairement l’un des tribunaux les plus importants de France.
La nouvelle présidente du tribunal, Anne Auclair-Rabinovitch, entrée en fonction en septembre, a assuré que tout serait mis en œuvre pour restaurer la confiance et garantir la sécurité des personnes détenues comme des agents.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




