Un trentenaire mis en examen et écroué après la découverte d’un projet d’attentat jihadiste à Lille impliquant des mineurs radicalisés et une boucle Telegram.

Projet d’attentat jihadiste déjoué à Lille : un trentenaire écroué, des mineurs au cœur du dossier
Un homme d’une trentaine d’années a été mis en examen et placé en détention provisoire le 22 mai pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il est soupçonné d’avoir participé à des échanges sur une boucle Telegram où un projet d’attentat visant la ville de Lille était évoqué, en lien avec deux adolescents radicalisés arrêtés dès février.
Un nouveau suspect écroué dans une affaire déjà sensible
L’affaire avait éclaté en février avec l’interpellation de deux adolescents de 16 ans dans le département du Nord, relate BFMTV. Soupçonnés d’avoir planifié une action terroriste contre un centre commercial ou une salle de concert lilloise, ils avaient été placés en détention malgré leur jeune âge — un signal fort de la gravité des faits reprochés.
Trois mois plus tard, l’enquête conduite par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) connaît un rebondissement majeur. Mardi 19 mai, trois nouveaux suspects ont été interpellés et conduits dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. Le plus jeune d’entre eux n’avait que 17 ans au moment de son arrestation à Vincennes.
Une boucle Telegram à l’effigie du Bataclan
C’est l’analyse des téléphones des deux premiers adolescents qui a mis les enquêteurs sur la piste d’un groupe de discussion Telegram particulièrement préoccupant. Une dizaine d’individus y échangeaient sur la charia et le djihad. Détail glaçant : la photo de profil de la chaîne représentait le visage de Sami Amimour, l’un des auteurs du massacre du Bataclan en novembre 2015.
Parmi les membres actifs de cette boucle figurait le trentenaire désormais mis en examen. Selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), il a été déféré devant un magistrat instructeur, mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, et placé en détention provisoire. Les deux autres individus interpellés le même jour ont, quant à eux, été remis en liberté sans poursuites.
Le suspect nie toute velléité terroriste
Lors de sa garde à vue, le trentenaire a contesté toute intention de passage à l’acte sur le territoire national. Il a affirmé que les échanges au sein du groupe Telegram ne constituaient pas, à ses yeux, de véritables appels à la violence. Ses avocats n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement sur le dossier.
Des mineurs radicalisés prêts à passer à l’acte
Le profil des deux adolescents arrêtés en février illustre une tendance alarmante : le rajeunissement des profils radicalisés en France. L’un d’eux avait reconnu devant les enquêteurs avoir projeté de commettre une action violente, nourri par une fascination pour la propagande jihadiste et ses figures emblématiques. Il présentait également un intérêt marqué pour les explosifs.
Plus inquiétant encore, il avait entrepris la fabrication de TATP — un explosif artisanal redouté — à partir de produits chimiques acquis à cet effet, en s’appuyant notamment sur des instructions obtenues via un robot conversationnel d’intelligence artificielle. Il envisageait également de se procurer une arme à feu. Son complice, quant à lui, était au courant des projets et aurait contribué à consolider ses convictions radicales violentes. Les deux adolescents en étaient, selon l’accusation, au stade opérationnel des préparatifs.
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