Quatre suspects mis en examen après le vol de 27 voitures de luxe dans un parking parisien le 17 mai. Préjudice : 3,7 M€. Une cinquantaine de malfrats encore recherchés.

Parking de voitures de luxe pillé à Paris : quatre mis en examen, un butin de 3,7 millions d’euros
Dans la nuit du 17 mai, une cinquantaine d’individus ont méthodiquement vidé un parking privé ultra-sécurisé du XVe arrondissement de Paris, emportant 27 véhicules de prestige. Quatre suspects viennent d’être mis en examen. Le préjudice est estimé à 3,7 millions d’euros.
Quatre suspects mis en examen, trois en détention provisoire
Quatre jeunes hommes ont été mis en examen dans le cadre de cette affaire retentissante, relate Le Parisien. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet, tandis que le quatrième a fait l’objet d’un contrôle judiciaire. Ce dernier, chauffeur VTC, se trouvait à proximité du parking au moment des faits. Son avocat, Me Jean-Baptiste Colombani, affirme qu’il « conteste toute participation aux faits ».
Les quatre prévenus sont mis en examen pour des chefs variés : association de malfaiteurs, vol et recel en bande organisée, voire destruction de bien d’autrui par un moyen dangereux pour certains d’entre eux. Leurs avocats respectifs — Mes Louis Heloun, Frédéric Landon et Serge Money — n’ont pas souhaité commenter l’affaire.
Une caverne d’Ali Baba en plein Paris
Le parking souterrain de la rue de l’Ingénieur Robert Keller, dans le XVe arrondissement de Paris, n’était pas un garage ordinaire. Géré par une conciergerie spécialisée, il abritait une collection impressionnante de véhicules d’exception : Ferrari, Lamborghini, Maserati, Bentley, Jaguar, Alfa Romeo, Porsche… Certains modèles dépassaient le demi-million d’euros. Le site était réputé hautement sécurisé, avec un système de vidéosurveillance actif vingt-quatre heures sur vingt-quatre et des rondes régulières assurées par des vigiles.
Pourtant, dans la nuit du 17 mai, la protection n’a pas suffi. Pendant près de trois heures, une cinquantaine d’individus se sont relayés par petits groupes à l’intérieur de l’établissement. D’après les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB), ils se sont d’abord emparés des clés stockées dans un local avant de quitter les lieux au volant des bolides.
Vingt et une voitures retrouvées, parfois saccagées
Sur les 27 véhicules dérobés, 21 ont depuis été localisés. Les conditions de leur découverte témoignent du niveau d’inexpérience de certains participants : deux voitures de sport ont été retrouvées abandonnées sur le boulevard périphérique, à proximité de la porte d’Orléans, après s’être percutées. Une Aston Martin a été découverte partiellement incendiée dans le bois de Boulogne. D’autres véhicules ont été retrouvés loin de la capitale, notamment à Lyon et à Nantes.
L’une des récupérations les plus remarquées concerne une Ferrari F 458 noire. L’un des malfrats avait filmé l’intérieur du véhicule — cuir clair, emblème au cheval cabré — et publié la vidéo sur les réseaux sociaux, visiblement fier de son coup. Erreur fatale : en arrière-plan, les enquêteurs ont identifié les plaques d’immatriculation de véhicules voisins, permettant de localiser la Ferrari dès le dimanche après-midi dans un parking souterrain de Maurepas, dans les Yvelines. Son propriétaire, amusé, a indiqué n’avoir constaté aucun dégât — et a même retrouvé sa casquette Ferrari sur la banquette arrière.
Snapchat et une possible complicité interne
L’enquête s’oriente vers deux pistes complémentaires. La première : l’information sur l’accessibilité soudaine du parking se serait propagée via des groupes Snapchat dans le courant de la nuit, transformant le vol en une sorte d’opportunité partagée entre inconnus. Cette hypothèse est renforcée par le profil peu aguerri de plusieurs suspects, dont certains seraient originaires du Val-de-Marne, notamment de Créteil.
La seconde piste, plus sérieuse, envisage l’existence d’un commanditaire et d’une possible complicité interne au sein de la conciergerie, qui aurait pu renseigner les auteurs de la première vague d’intrusion. Une cinquantaine de participants restent à ce jour non identifiés. Le parquet de Paris n’a pas encore communiqué officiellement sur l’avancement des investigations.
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