Le Parquet National Financier a perquisitionné l’Élysée dans le cadre d’une enquête sur les marchés des cérémonies du Panthéon, soupçonnés de favoritisme et de corruption.

Perquisition à l’Élysée : le Parquet National Financier au cœur d’une enquête sur les marchés du Panthéon
Pour la première fois depuis l’affaire Benalla en 2018, des enquêteurs ont investi les locaux de la présidence de la République. En cause : l’attribution de marchés publics liés aux cérémonies de panthéonisation, dans une procédure ouverte pour favoritisme, corruption et trafic d’influence.
Une perquisition historique à la présidence de la République
Le 21 mai 2026, des opérations de perquisition ont été menées dans les locaux de la présidence de la République française, relate BFMTV. Le Parquet National Financier (PNF) a confirmé ces investigations, menées dans le cadre d’une information judiciaire portant sur l’attribution de marchés publics liés à l’organisation des cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN). Ces actes d’enquête ont pu être conduits après des échanges préalables entre les autorités judiciaires et les services de la présidence, une précaution qui témoigne du caractère particulièrement sensible de la procédure.
Il s’agit de la première perquisition effectuée dans l’enceinte de l’Élysée depuis l’affaire Benalla, qui avait marqué les esprits en 2018. Un précédent épisode récent illustre la complexité du dossier : le 14 avril dernier, des enquêteurs du PNF s’étaient présentés à la présidence, mais s’étaient heurtés à un refus d’accès. La présidence avait alors invoqué le principe d’inviolabilité de ses locaux et une interprétation de l’article 67 de la Constitution, selon lequel le chef de l’État bénéficie d’une immunité pendant l’exercice de son mandat et ne peut faire l’objet de poursuites ni d’actes d’instruction. Le PNF avait rappelé publiquement les termes de cette disposition constitutionnelle, signalant ainsi un bras de fer institutionnel inédit.
Favoritisme, corruption, trafic d’influence : les soupçons des enquêteurs
L’information judiciaire, ouverte en octobre 2025, repose sur des soupçons de plusieurs infractions graves : favoritisme, prise illégale d’intérêts, corruption et trafic d’influence. Ces chefs d’enquête visent les conditions dans lesquelles certains marchés publics auraient été attribués pour l’organisation des cérémonies destinées à honorer de grandes figures historiques au Panthéon, monument emblématique du Ve arrondissement de Paris.
Au cœur des investigations se trouve le recours prolongé à une même société prestataire, Shortcut Events, qui aurait assuré l’organisation de ces cérémonies sur une période de plus de vingt ans. Selon des informations relayées par la presse d’investigation, le coût de chaque cérémonie s’élèverait à environ deux millions d’euros. Ce sont précisément ces montants, combinés à la durée et aux conditions de renouvellement des contrats, qui ont retenu l’attention des enquêteurs et alimenté leurs interrogations sur d’éventuels manquements aux règles de la commande publique.
Une procédure qui se poursuit
À ce stade de l’enquête, aucune mise en examen n’a été annoncée. La procédure est en cours afin d’établir d’éventuelles responsabilités pénales et de déterminer si les règles régissant les marchés publics ont bien été respectées. La présidence de la République n’a pas répondu aux sollicitations des médias à ce sujet.
L’affaire s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue autour de la gestion financière des institutions publiques et rappelle que la justice, même face aux plus hautes instances de l’État, dispose de leviers pour mener ses investigations à leur terme.
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