À Loon-Plage, quatre migrants ont été légèrement blessés par des tirs de carabine mardi soir, près d’un campement. L’enquête, ouverte pour violences avec armes, écarte la piste d’un règlement de comptes entre passeurs et s’oriente vers un possible différend avec des chasseurs locaux.

Quatre migrants blessés par des tirs près d’un campement à Loon-Plage
Une vive inquiétude secoue la commune de Loon-Plage (Nord) après une fusillade survenue mardi dernier, vers 23 heures, à proximité de la rue du Helle, non loin du campement informel souvent appelé la « jungle ».
Selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par La Voix du Nord, quatre migrants ont été touchés par des plombs de petit calibre, vraisemblablement tirés d’une carabine de chasse.
Pris en charge par les secours, les blessés souffrent de lésions légères et leurs jours ne sont pas en danger.
La piste d’un conflit avec des chasseurs
Les enquêteurs de la police nationale, saisis pour violences avec armes, écartent à ce stade la thèse d’un règlement de comptes entre passeurs ou d’un conflit entre groupes de migrants.
Les témoignages recueillis sur place et plusieurs indices matériels orientent plutôt les investigations vers un acte lié à des chasseurs opérant dans le secteur.
Cette hypothèse fait écho à des tensions déjà signalées entre migrants et chasseurs dans cette zone où cohabitent, parfois difficilement, activités cynégétiques et campements d’exilés.
Des tensions anciennes entre chasseurs et migrants
Le maire de Loon-Plage, Éric Rommel, avait déjà alerté sur cette cohabitation explosive.
Lors d’une réunion tenue le 23 septembre dernier avec le préfet de région Bertrand Gaume, l’édile avait évoqué la recrudescence de “chapardages” d’animaux utilisés comme appelants de chasse :
« On est confrontés à des vols de canards, d’oies, d’appelants… Ces animaux ont un prix élevé. Sauf que les chasseurs ont des fusils. Et j’ai peur de ce qui peut arriver », avait-il alors averti.
Ses craintes semblent aujourd’hui tristement confirmées.
Une enquĂŞte toujours en cours
Les services d’investigation poursuivent les vérifications pour identifier les auteurs des tirs et déterminer leurs motivations exactes.
Des relevés balistiques ont été effectués sur la zone et plusieurs chasseurs locaux devraient être entendus prochainement.
Ce nouvel épisode ravive le souvenir d’un incident similaire survenu en septembre 2024 dans le marais de Tardinghen (Pas-de-Calais), où des affrontements avaient opposé des exilés à des chasseurs autour d’une hutte.
Une situation explosive sur le littoral nord
Ces événements illustrent la fragilité du climat social sur le littoral du Nord, où la pression migratoire se heurte à des populations locales excédées, notamment dans les zones rurales fréquentées par les chasseurs.
Le maire de Loon-Plage appelle désormais à renforcer la médiation et la prévention pour éviter qu’un nouveau drame ne survienne.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






