À Paris, 52 animateurs périscolaires ont été suspendus en trois ans après des signalements pour faits à caractère sexuel. Deux affaires marquantes émergent en 2025.

Un chiffre qui interpelle mais jugé « stable » par la Ville
Depuis 2023, 52 animateurs périscolaires travaillant dans les écoles ou centres de loisirs parisiens ont été suspendus à la suite de signalements pour des faits d’agression sexuelle ou de maltraitance, selon les données communiquées par la Ville de Paris et rapportés par Le Parisien.
Pour la seule année 2025 — encore en cours —, 16 suspensions ont déjà été prononcées, sur un total de 30 décisions d’écartement toutes causes confondues.
La municipalité affirme que ces signalements restent « stables ».
En 2024, 18 animateurs avaient été concernés sur 26 suspensions, un niveau identique à celui observé en 2023, qui comptabilisait également 18 suspensions pour des faits à caractère sexuel sur un total de 32.
Un protocole strict appliqué depuis plusieurs années
Lorsqu’un animateur est mis en cause pour des faits d’ordre sexuel, le signalement est immédiatement transmis au procureur de la République, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale.
L’agent est alors suspendu sans délai, le temps que les enquêtes administrative et pénale — lorsque le parquet décide d’en ouvrir une — suivent leur cours.
La Ville reconnaît toutefois ne pas toujours recevoir d’informations sur l’issue judiciaire des dossiers.
Deux affaires significatives mises au jour en 2025
Si la majorité des situations restent confidentielles, deux dossiers ont retenu l’attention des enquêteurs cette année.
• Un animateur renvoyé devant le tribunal
À l’école maternelle Alphonse-Baudin, dans le XIᵉ arrondissement, un animateur sera jugé le 25 novembre prochain pour des faits d’agression sexuelle visant cinq mineurs.
Suspendu en avril 2025 après un signalement, il aurait déjà été dénoncé pour des faits similaires en septembre 2024, sans poursuite à l’époque.
• Des images pédopornographiques découvertes après un décès
L’été dernier, une autre affaire a éclaté à l’école élémentaire Reuilly B (XIIᵉ). Après le décès d’un animateur des suites d’une longue maladie — et donc non comptabilisé parmi les suspensions — ses proches découvrent sur son ordinateur des dizaines de photos et vidéos pédopornographiques, dont certaines semblent avoir été captées au sein d’une école.
L’homme avait déjà été visé par une plainte dix ans plus tôt, restée sans suite.
Vers des suspensions définitives en cas de signalement
Face aux failles constatées, la Ville de Paris a décidé de durcir ses procédures.
Dans son nouveau plan de lutte contre les violences sexuelles et sexistes, tout agent faisant l’objet d’un signalement pour agression sexuelle ou maltraitance sera désormais définitivement suspendu de toute fonction auprès des enfants, indépendamment des conclusions des enquêtes.
Il pourra être affecté à un autre poste administratif, s’il est fonctionnaire ou contractuel.
Une mesure qui suscite la controverse.
Des professionnels inquiets
Certains responsables périscolaires redoutent des conséquences excessives.
« La parole de l’enfant doit être recueillie, c’est essentiel », explique un directeur. « Mais cela entraînera des suspensions automatiques. Il suffira qu’un animateur aide un enfant à remettre un vêtement et qu’il y ait un malentendu pour briser une carrière. »
Le secteur souffre déjà d’un déficit de plus de 1 000 animateurs à Paris, un manque qui pourrait s’aggraver.
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Incompréhensible !! Le système français est de plus en plus opaque et obscure à mes yeux