À Cambrai, un couple a comparu pour de graves violences intrafamiliales après la diffusion d’une vidéo montrant leur enfant de 2 ans et demi écartelé entre ses bras et ses jambes. Le tribunal a prononcé des peines de prison avec sursis et une obligation de soins psychologiques.

Cambrai : un couple jugé pour le supplice de leur enfant de 2 ans, filmé au smartphone
Une audience d’une rare violence au tribunal
L’audience tenue au tribunal judiciaire de Cambrai a plongé la salle dans un profond malaise. Les magistrats, les avocats et le public ont visionné près de huit minutes d’images filmées avec un smartphone par la mère d’un enfant de 2 ans et demi.
Selon les informations de La Voix du Nord, la vidéo montre la scène de violences intrafamiliales qui a conduit le couple devant la justice, avec un enfant littéralement tiré dans des directions opposées par ses deux parents.
Les faits se sont déroulés le 6 octobre 2025, au domicile du couple, dans le Cambrésis. Le père et la mère regardent la télévision, tandis que le petit garçon joue dans un parc pour bébé. À plusieurs reprises, l’enfant tente d’en sortir, ce qui agace de plus en plus son père. Celui-ci le repousse à plusieurs reprises, parfois de manière brutale, selon les images.
Choquée par l’attitude de son compagnon, la mère sort alors son téléphone et commence à filmer la scène, sans pour autant mettre immédiatement fin aux violences.
Une scène d’écartèlement filmée en direct
Au fil de la vidéo, la tension monte nettement. L’enfant pleure, le père élève la voix et reproche à sa compagne de ne pas intervenir. Il finit par saisir l’enfant avec force, affirmant vouloir le sortir à l’extérieur pour « calmer tout le monde ».
La mère tente de s’opposer à cette initiative. Une violente altercation éclate alors autour du corps du petit garçon.
Selon les images décrites à l’audience, chacun des parents tire l’enfant d’un côté : le père par les bras, la mère par les jambes. Le jeune enfant subit un véritable écartèlement, sur fond de cris, d’insultes et de confusion.
Cette séquence, particulièrement choquante, constitue l’élément central du dossier examiné par le tribunal.
L’adolescent qui s’interpose également agressé
Alerté par le vacarme, le fils aîné de la mère, âgé de 15 ans, sort de sa chambre et tente de s’interposer entre les adultes. À ce moment-là , le père lâche brusquement l’enfant, ce qui provoque la chute de sa compagne.
La mère parvient finalement à quitter le logement avec l’enfant et contacte les forces de l’ordre.
Lors de la confrontation physique avec son beau-père, l’adolescent reçoit un coup de tabouret à la jambe.
Une fois la famille prise en charge au centre hospitalier, les médecins constatent chez le bébé de multiples contusions et ecchymoses. Une incapacité totale de travail (ITT) de neuf jours est retenue pour l’enfant de 2 ans et demi.
Des antécédents de violences intrafamiliales
À la barre, le couple, qui vit ensemble depuis une dizaine d’années, se renvoie la responsabilité des faits. Chacun évoque un contexte de violences mutuelles, déjà présent dans le passé.
Le tribunal rappelle qu’en 2022, les deux protagonistes avaient déjà comparu pour des faits de violences intrafamiliales.
Les juges relèvent notamment la tendance du père à minimiser son rôle, à se présenter comme victime plutôt qu’agresseur. Ils s’interrogent également sur le comportement de la mère, qui a choisi de filmer la scène au lieu de protéger immédiatement son enfant.
Pour le ministère public, la procureure considère que « les deux sont autant responsables » de ce qui est arrivé à l’enfant.
Peines de prison avec sursis et obligation de soins
Au terme des débats, le tribunal correctionnel de Cambrai condamne chacun des parents à une peine de sept mois de prison avec sursis probatoire sur une durée de deux ans.
Cette période de sursis est assortie d’une obligation de soins psychologiques, afin d’engager un suivi sur le plan comportemental et émotionnel.
Le couple se voit également interdire tout contact l’un avec l’autre, ainsi que l’interdiction de paraître au domicile de l’autre.
En outre, les juges condamnent chacun des parents à verser la somme de 500 € au titre du préjudice moral subi par l’enfant.
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