Quatre hommes, dont deux frères, ont été jugés à Valenciennes pour violences, enlèvement et séquestration, après avoir retrouvé sur les réseaux sociaux le véhicule volé de leur père à Onnaing. La confrontation avec le vendeur présumé du Peugeot 3008 a dégénéré, jusqu’au passage à tabac et à l’abandon de la victime dans un champ près de l’usine Toyota.

Onnaing : la voiture volée de leur père retrouvée en ligne, la confrontation dégénère en enlèvement et violences
Quatre hommes du Valenciennois, dont deux frères, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Valenciennes pour des faits de violences, enlèvement et séquestration commis le 20 septembre à Onnaing, relate La Voix du Nord. En retrouvant sur les réseaux sociaux le Peugeot 3008 volé de leur père, ils ont organisé un rendez-vous avec le vendeur présumé. La situation a vite échappé à tout contrôle.
Le procès à Valenciennes
Le 7 novembre, le tribunal de Valenciennes a examiné ce dossier impliquant quatre prévenus âgés de 45 à 50 ans, tous domiciliés dans le Valenciennois. Les juges leur reprochent des faits de violences en réunion, d’enlèvement et de séquestration, commis le 20 septembre à Onnaing.
Les quatre hommes, placés sous contrôle judiciaire et déjà renvoyés à deux reprises, se présentent à la barre visiblement embarrassés. La présidente, Géraldine Vuillemin, rappelle la ligne rouge franchie. Selon elle, une fois le véhicule et le vendeur présumé retrouvés, il aurait fallu prévenir les forces de l’ordre. La magistrate souligne également que l’homme présenté comme receleur doit, lui, être jugé en avril 2026 dans le cadre d’une procédure de plaider-coupable pour recel de vol.
Rendez-vous à Onnaing et dérapage
Les faits trouvent leur origine dans le vol du Peugeot 3008 du père des deux frères. Ces derniers finissent par repérer, sur les réseaux sociaux, une annonce concernant un véhicule correspondant au leur. Un rendez-vous est fixé rue de l’Industrie, à Onnaing, pour vérifier de quoi il s’agit.
Sur place, le 20 septembre, les quatre hommes prennent possession du Peugeot 3008 qu’ils estiment être celui de leur père. Le vendeur présumé, présenté comme la future victime dans ce dossier, reçoit alors des coups de chacun d’eux. L’homme assure ne pas être l’auteur du vol et affirme pouvoir les conduire jusqu’au véritable voleur, qu’il situe à Quarouble.
Enlèvement, coups et abandon dans un champ
La situation bascule lorsque la victime est forcée à monter dans le coffre d’une Dacia. La scène, filmée par un témoin, permettra par la suite d’identifier le propriétaire du véhicule, l’un des deux frères.
Selon les déclarations de la victime recueillies par les enquêteurs, le trajet est ponctué de plusieurs arrêts. Les hommes l’extirpent par les cheveux du coffre pour lui réclamer le code de déverrouillage de son téléphone portable. L’exploitation de l’appareil fera apparaître que le « voleur » qu’il désignait ne correspond à aucune personne réelle.
Se sentant dupés, les agresseurs redoublent de violence. Ils le rouent de coups, le remettent dans le coffre, puis l’abandonnent dans un champ, à proximité de l’usine Toyota. L’homme est finalement découvert recroquevillé, en sous-vêtements, le visage marqué par les coups et sans chaussures. Son incapacité totale de travail est évaluée à trois jours.
Des regrets tardifs Ă la barre
Interpellés, les deux frères refusent d’abord de livrer l’identité de leurs deux complices. Ils ne les désigneront qu’à l’audience du 22 septembre. Lors du procès, les quatre prévenus se tiennent côte à côte et s’expriment à voix basse, manifestant des regrets.
Les déclarations se succèdent dans le même sens : ils disent penser à ces faits depuis des semaines, expriment leurs remords et reconnaissent que la victime a reçu des coups de la part de chacun d’eux. Ils expliquent avoir agi sous le coup de la colère et estiment que les événements n’auraient jamais dû prendre une telle ampleur.
Réquisitions et plaidoiries
À l’audience, la représentante du parquet, la substitut Lescroel, requiert une peine de 12 mois d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis simple, pour chacun des quatre prévenus. Elle souligne la gravité des faits, mais relève également les explications et le positionnement des mis en cause devant le tribunal.
La défense insiste sur le contexte particulier du dossier. L’avocat des deux frères, Me Pietrzak, estime que ses clients se sont exprimés avec sincérité et sollicite une peine entièrement assortie du sursis. Il rappelle l’importance de ce Peugeot 3008 pour la famille, présenté comme essentiel à la mobilité du père, comparé à « ses jambes ». L’avocat des deux autres prévenus, Me Massin, invite le tribunal à prendre en considération la singularité de cette affaire et à réduire la sévérité de la sanction.
Un an de prison avec sursis et interdictions
Le tribunal correctionnel prononce finalement une peine identique pour les quatre hommes : un an d’emprisonnement assorti du sursis simple. Les juges accompagnent cette condamnation de plusieurs obligations et interdictions.
Les prévenus se voient ainsi interdire de détenir ou de porter une arme pendant une durée de trois ans. Ils ont également l’interdiction d’entrer en contact avec la victime durant la même période. Sur le plan civil, ils sont condamnés à verser solidairement la somme de 1 900 euros à la victime à titre de dommages et intérêts.
(Merci Rudy van Cappellen)
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