Une bagarre générale a interrompu ce jeudi le procès aux assises du meurtre d’Arthur au tribunal d’Évry. Une cinquantaine de policiers ont dû intervenir pour rétablir le calme entre les bandes rivales. Le président de la cour menace désormais de poursuivre à huis clos.

Évry-Courcouronnes : scènes de violence au palais de justice en marge d’un procès pour meurtre
L’ambiance électrique qui régnait aux assises de l’Essonne a dégénéré ce jeudi 27 novembre. Alors que la cour jugeait le dossier du meurtre d’Arthur, survenu en 2021, de violents affrontements ont éclaté dans l’enceinte même du palais de justice, nécessitant un déploiement massif des forces de l’ordre.
La sérénité des débats a volé en éclats au troisième jour du procès. Ce jeudi après-midi, le tribunal d’Évry-Courcouronnes a été le théâtre d’une scène de violence spectaculaire en marge de l’audience concernant la mort d’Arthur, ce jeune homme de 19 ans tué lors d’une expédition punitive à Sainte-Geneviève-des-Bois il y a quatre ans.
Une explosion de violence dans la salle des pas perdus
L’incident a débuté alors que l’accusé principal était en train de répondre aux questions de la cour sur le déroulé des faits. La tension, palpable depuis l’ouverture du procès, s’est brusquement matérialisée à l’extérieur de la salle d’audience. Dans la salle des pas perdus, plusieurs dizaines de jeunes en sont venus aux mains, provoquant un tumulte qui a forcé la cour à suspendre immédiatement l’audience.
Face à l’ampleur de la rixe générale, un dispositif de sécurité exceptionnel a été déployé. Une cinquantaine de policiers ont été appelés en renfort pour sécuriser les lieux et séparer les belligérants. Malgré la violence des échanges, le procureur de la République d’Évry, Grégoire Dulin, a indiqué qu’aucun blessé n’était à déplorer et qu’aucune interpellation n’avait eu lieu à l’issue des heurts.
L’ombre des guerres de bandes
Ces débordements ne doivent rien au hasard. Ils s’inscrivent dans le contexte lourd d’une rivalité historique et violente entre les jeunes des communes voisines de Sainte-Geneviève-des-Bois et de Saint-Michel-sur-Orge. C’est précisément cette guerre de territoire qui est au cœur du dossier judiciaire examiné cette semaine.
Pour rappel, le drame remonte à la nuit du 15 au 16 juillet 2021. Arthur, originaire de Saint-Michel-sur-Orge, s’était rendu en territoire “ennemi” à Sainte-Geneviève-des-Bois, accompagné de son ami Amine sur un scooter volé. Son ami, blessé lors de cette soirée tragique, a d’ailleurs admis à la barre que leur venue était motivée par une volonté d’en découdre. Arthur y avait trouvé la mort, roué de coups.
La menace du huis clos
Le procureur Grégoire Dulin a souligné que ce procès faisait déjà l’objet d’une “sécurisation renforcée” au vu des enjeux. Il semblerait que ce soit l’interrogatoire de l’accusé qui ait mis le feu aux poudres.
De son côté, Michaël Humbert, président de la cour d’assises, a déploré ces incidents tout en reconnaissant qu’il était “prévisible qu’il y ait des tensions”. Il a toutefois lancé un avertissement ferme à l’assistance et aux protagonistes : la justice doit être rendue publiquement, mais la sécurité prime. “Si un autre incident de ce type était constaté, je serais obligé de constater que l’ordre public est menacé et de prononcer le huis clos”, a-t-il martelé lors de la reprise.
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