Deux jeunes hommes ont été condamnés par le tribunal d’Alençon ce jeudi. Ils avaient piégé un homme lors d’un rendez-vous intime tarifé dans un bois pour lui voler sa voiture avant de l’incendier. Retour sur l’affaire.

Alençon : le rendez-vous fétichiste tourne au guet-apens dans les bois
Deux jeunes hommes de 21 et 25 ans ont été condamnés, jeudi 27 novembre 2025, par le tribunal correctionnel d’Alençon. Ils ont reconnu avoir piégé un homme lors d’une rencontre intime tarifée pour lui dérober son véhicule, retrouvé incendié dans le Calvados, relate L’Orne hebdo.
L’affaire jugée hier au tribunal d’Alençon sort de l’ordinaire par son scénario, mêlant fétichisme, piège organisé et destruction de véhicule. Les faits remontent au 14 mai 2025. Ce soir-là , une rencontre est organisée via le réseau social Snapchat entre la victime, un habitant du secteur, et deux jeunes hommes.
Le trio a convenu d’un rendez-vous au bois Gérard, situé sur la commune de Saint-Germain-du-Corbéis. L’accord était explicite : contre une rémunération de 50 euros chacun, les deux jeunes devaient satisfaire le fétichisme de la victime en lui léchant les pieds. Une pratique qui avait déjà eu lieu un an plus tôt sans incident, mettant la victime en confiance.
Un piège pour un butin plus important
Cependant, cette seconde rencontre n’était qu’un prétexte. Alors que la prestation tarifée débutait, les deux prévenus ont profité de la vulnérabilité de l’homme pour le repousser violemment. Leur objectif n’était pas les 50 euros promis, mais le dépouillement pur et simple.
Ils ont fouillé la victime pour s’emparer de son téléphone portable, de sa carte bancaire, mais surtout des clés de sa voiture, une Dacia Sandero. Bien que la victime n’ait pas subi de blessures physiques graves, son avocat a souligné un « choc psychologique » important, évoquant un homme vivant dans un « désert sentimental ».
La voiture brûlée après une vente ratée
Après avoir laissé leur victime sur place, les deux malfaiteurs ont pris la fuite avec le véhicule volé. Leur périple les a menés jusqu’à Lisieux, où ils espéraient revendre la voiture rapidement.
La transaction a échoué lorsqu’une acheteuse potentielle, méfiante, a vérifié l’immatriculation et découvert que le véhicule était signalé volé. Face à cet échec, et pour effacer leurs traces, les deux complices ont décidé d’incendier la Dacia à Glos, dans le Calvados, à plus de cent kilomètres du lieu du vol.
« Les méchants, c’est vous »
À la barre, les prévenus n’ont pas nié les faits. L’un d’eux a tenté de minimiser sa responsabilité en pointant du doigt les fantasmes de la victime. Un argumentaire immédiatement coupé par le juge Éric Martin, qui a rappelé fermement que les préférences intimes de la victime ne justifiaient en rien l’agression : « S’il aime se faire lécher les pieds, c’est son problème. Les méchants c’est vous, pas lui ».
Le tribunal a suivi les réquisitions de sévérité du parquet. Les deux hommes ont écopé de la même peine : un an de prison ferme. Ils devront également indemniser la victime à hauteur de 1 000 euros pour le préjudice matériel et 1 500 euros pour le préjudice moral.
(Merci Rudy van Cappellen)
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