Pharos, la plateforme française de signalement des contenus illégaux, va désormais être utilisée pour lutter contre le trafic de stupéfiants en ligne. Un nouvel outil numérique pour freiner la vente de drogues de synthèse sur Internet, souvent livrées librement aux particuliers.

Pharos, nouvel outil du gouvernement contre les trafics de drogue en ligne
L’État étend l’usage de la plateforme nationale de signalement aux contenus liés au narcotrafic, une première dans la lutte numérique contre la vente de drogues de synthèse explique Le Figaro.
Une mission élargie pour Pharos
Jusqu’ici réservée au repérage de sites liés au terrorisme ou à la pédocriminalité, la plateforme Pharos entre désormais dans la bataille contre les trafics de stupéfiants. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, l’a confirmé mercredi à l’Assemblée nationale : les équipes de Pharos pourront désormais signaler, faire déréférencer et bloquer les sites proposant illégalement des drogues de synthèse en libre‑accès.
Cette évolution découle de la loi adoptée au printemps, qui autorise l’emploi de dispositifs de signalement pour les contenus participant à la diffusion ou la vente de produits stupéfiants en ligne.
Un marché parallèle en pleine explosion
Lors des échanges parlementaires, la députée MoDem Anne Bergantz a alerté sur la croissance fulgurante du marché des drogues artificielles. « Chaque mois, entre 80 et 120 nouvelles molécules apparaissent », a-t-elle signalé, évoquant des boutiques virtuelles où l’achat s’effectue aussi simplement que pour des produits de consommation courante. Ces substances, souvent envoyées par voie postale, échappent à tout contrôle avant leur livraison.
Des volumes saisis en forte hausse
Laurent Nuñez a souligné une augmentation spectaculaire des saisies. En 2024, neuf millions de comprimés de drogues de synthèse ont été interceptés, soit plus du double par rapport à l’année précédente. Une tendance qui illustre l’adaptabilité des trafiquants et la complexité croissante des filières de distribution numérique.
Selon le ministre, la coopération entre les services de police, les douanes et les autorités européennes s’intensifie. « La plupart des colis en provenance de l’extra‑européen sont scannés », a-t-il précisé, évoquant une vigilance également renforcée sur les envois issus des Pays‑Bas, où plusieurs dizaines de kilos de produits ont récemment été saisis.
Un enjeu central du débat parlementaire
Cette extension du dispositif Pharos marque une étape supplémentaire dans la stratégie française contre le narcotrafic. L’Assemblée nationale doit consacrer, le 17 décembre, un débat spécifique à cette lutte, alors que les livraisons directes aux particuliers multiplient les défis pour les forces de l’ordre.
(Merci Yann Bourguignon)
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