Un avocat spécialisé dans la défense de narcotrafiquants a été refoulé de la prison de Condé-sur-Sarthe après avoir déclenché les détecteurs de sécurité. Ce nouvel incident s’ajoute à plusieurs tentatives d’introduction d’objets illicites en milieu pénitentiaire.

Condé-sur-Sarthe : un avocat expulsé de la prison après avoir déclenché les contrôles de sécurité
Un avocat pénaliste représentant plusieurs figures du narcotrafic a été refoulé de l’établissement pénitentiaire de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe vendredi. Les portiques de détection ont révélé la présence d’objets dissimulés sur sa personne lors d’un parloir avec un chef présumé de la DZ Mafia, selon les informations du JDD.
Incident lors d’un parloir avec un baron présumé de la drogue
L’événement s’est produit vendredi à la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, un établissement spécialisé dans la détention des narcotrafiquants considérés comme particulièrement dangereux. Maître Kamel Aissaoui se présentait pour un parloir avec Amine O., surnommé Mamine et identifié comme l’une des têtes dirigeantes présumées de la DZ Mafia.
Lors du passage aux portiques de sécurité à rayons X, l’avocat a déclenché les alarmes de manière répétée. Les contrôles ont révélé des signaux anormaux au niveau de ses parties intimes, selon une source syndicale. Face à l’impossibilité légale de procéder à des fouilles corporelles approfondies, le personnel pénitentiaire a refusé l’accès de l’établissement au pénaliste.
D’après les informations recueillies, le professionnel du droit aurait alors manifesté son mécontentement de façon virulente, tenant des propos injurieux envers les surveillants avant d’être escorté jusqu’à la sortie sous surveillance.
Une série de tentatives d’introduction d’objets interdits
Cette affaire n’est pas isolée dans le parcours de Maître Aissaoui. Quelques semaines auparavant, il avait réussi à pénétrer dans la prison de Bourg-en-Bresse où était alors incarcéré Amine O., parvenant à lui remettre un routeur 4G. En septembre dernier, les agents pénitentiaires l’avaient intercepté à la prison de Vendin-le-Vieil en possession d’une liasse de billets conséquente alors qu’il se rendait à un parloir.
Ces incidents répétés illustrent les défis auxquels font face les établissements pénitentiaires pour contrôler les tentatives d’introduction d’objets prohibés, même lorsqu’elles émanent d’auxiliaires de justice bénéficiant normalement d’une certaine confiance institutionnelle.
Tensions croissantes entre justice et certains avocats du narcotrafic
Depuis plusieurs mois, les relations se sont tendues entre la magistrature, les forces de l’ordre et certains avocats pénalistes spécialisés dans la défense de trafiquants de stupéfiants. Une liste évoquée au sein de la justice ferait mention d’une cinquantaine d’avocats régulièrement mandatés par des réseaux de narcotrafic.
Certains magistrats critiquent ouvertement les méthodes de ces professionnels, les qualifiant de spécialistes des nullités procédurales plutôt que de la défense sur le fond. Leur stratégie consisterait principalement à traquer les moindres vices de forme pour obtenir la libération de leurs clients, même face à des charges substantielles.
Cette approche a valu à ces avocats une réputation controversée dans les prétoires. Une partie de la magistrature dénonce ce qu’elle qualifie d’embolisation de la justice pénale spécialisée, paralysée par des contestations procédurales systématiques.
Une clientèle issue des réseaux de narcotrafic
Maître Kamel Aissaoui s’est fait connaître pour sa clientèle composée de plusieurs figures du trafic de stupéfiants. Son intervention dans l’affaire de la DZ Mafia, organisation criminelle sous les projecteurs de la justice française, confirme sa spécialisation dans la défense de profils à haut risque pénitentiaire.
L’incident de Condé-sur-Sarthe soulève des questions sur les limites de l’exercice de la profession d’avocat en milieu carcéral et sur les dispositifs de contrôle applicables aux auxiliaires de justice. Les autorités pénitentiaires devront déterminer les suites à donner à cette affaire qui met en lumière les failles potentielles du système de sécurité des établissements de haute sécurité.
(Merci Rudy van Cappellen)
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