Deux employés de pompes funèbres ont été condamnés à six mois avec sursis pour avoir volé 155 euros dans le portefeuille d’une défunte de 92 ans à Saint-Pierre-lès-Nemours. Une enquête est ouverte pour d’éventuels autres vols.

Vol sur une défunte : deux agents funéraires condamnés en Seine-et-Marne
Selon les informations du Parisien, deux employés d’une entreprise de pompes funèbres basée à Saint-Pierre-du-Perray ont été condamnés à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Ils avaient dérobé 155 euros dans le portefeuille d’une femme décédée lors d’une intervention. L’affaire soulève des questions sur d’éventuels autres méfaits et provoque un scandale dans le secteur funéraire.
Une intervention qui tourne au vol
Tout commence dans la soirée du 28 octobre à Saint-Pierre-lès-Nemours. Un habitant aperçoit deux silhouettes quitter précipitamment le pavillon d’une résidente. Les forces de l’ordre se rendent immédiatement sur place et découvrent une vitre brisée. À l’intérieur, une femme de 92 ans gît sans vie au sol.
L’inspection initiale des lieux ne révèle aucun signe de cambriolage. Les tiroirs sont fermés, les objets de valeur intacts. Le portefeuille de la défunte, prénommée Pierrette, contient 155 euros. Une enquête pour recherche des causes du décès est ouverte.
Une équipe de pompes funèbres est contactée pour procéder au transport du corps vers l’institut médico-légal. Deux salariés de l’entreprise située à Saint-Pierre-du-Perray interviennent, placent la dépouille dans un sac mortuaire et quittent les lieux.
L’argent disparaît mystérieusement
À 4 heures du matin, un rebondissement inattendu survient. Une fonctionnaire de police contacte la magistrate de permanence : l’argent du portefeuille a disparu. Les soupçons se portent rapidement sur les agents funéraires, d’autant que leur comportement avait intrigué les personnes présentes. L’un d’eux avait notamment visité la cave sans raison apparente.
Pour confondre les suspects, la procureure met en place un stratagème. Elle demande à la société d’envoyer les deux mêmes employés pour un autre enlèvement de corps dans le sud du département. À leur arrivée, ils sont fouillés. Les enquêteurs découvrent alors les 155 euros divisés en deux parts égales dans leurs poches respectives.
Un butin partagé sans état d’âme
Les investigations révèlent que le plus âgé des deux prévenus, 30 ans, a pris l’argent avant de le partager avec son collègue de 27 ans dans le véhicule de fonction. Les enquêteurs mettent également la main sur des photographies troublantes dans leurs téléphones portables. Les deux hommes y apparaissent en train d’exhiber des billets de banque dans les locaux de leur société à Évry-Courcouronnes.
Ces éléments poussent le parquet d’Évry à ouvrir une enquête distincte, craignant que d’autres vols aient été commis sur des défunts. Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Fontainebleau, le président s’est interrogé sur leur absence totale de respect envers les morts.
La réponse du trentenaire a glacé l’assistance. Il a expliqué qu’à force de manipuler des corps, il les considérait désormais comme de simples produits à récupérer. L’expertise psychiatrique a d’ailleurs mis en évidence son manque d’empathie et d’absence de remords.
Des conséquences professionnelles immédiates
L’entreprise de pompes funèbres s’est constituée partie civile dans cette affaire qui ternit son image. Son avocate a rappelé que les défunts méritaient dignité et respect, et qu’ils ne devaient pas être traités comme de vulgaires colis. Les deux salariés ont été licenciés pour faute grave immédiatement après la découverte des faits.
La sous-préfecture de Provins a adressé un courrier à la société, questionnant son sérieux et laissant planer la menace d’un retrait d’agrément. Cette sanction administrative pourrait mettre en péril l’activité de l’entreprise.
Les collègues des deux condamnés peinent à comprendre leur geste. L’un d’eux, ancien militaire, était considéré comme quelqu’un de sérieux et fiable. Le choc est d’autant plus grand au sein de l’équipe.
Une affaire qui interroge le secteur
Cette condamnation à six mois de prison avec sursis marque un précédent dans le monde funéraire. Si l’avocat de la défense a tenté d’expliquer que ses clients devaient prendre de la distance émotionnelle pour exercer leur métier, l’argument n’a pas convaincu le tribunal.
L’un des condamnés a confié lors de l’audience qu’il ne s’imaginait pas vivre une telle situation. Cette affaire sordide rappelle l’importance du respect dû aux défunts et à leurs familles, même dans l’exercice quotidien d’un métier difficile.
L’enquête ouverte par le parquet d’Évry permettra de déterminer si d’autres victimes ont été dépouillées par
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