Mila, connue pour avoir été victime de menaces et d’un harcèlement massif en 2020, a été condamnée à 2 000 euros d’amende avec sursis par le tribunal de Lyon pour un tweet à caractère « raciste » visant les familles maghrébines. Son avocat annonce faire appel.

Mila sanctionnée par la justice pour injures raciales : retournement de situation pour l’ancienne victime de cyberharcèlement
Une condamnation qui fait débat
Le tribunal correctionnel de Lyon a rendu son verdict mardi : Mila, figure médiatique de 22 ans, condamnée à 2 000 euros d’amende avec sursis pour des propos jugés racistes diffusés sur le réseau social X en février 2024. La jeune femme, devenue célèbre en 2020 après avoir été la cible d’un harcèlement massif suite à ses critiques de l’islam, se retrouve aujourd’hui dans la position inverse.
La décision judiciaire intervient plusieurs mois après l’audience du 21 octobre dernier. Outre l’amende, la militante devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l’Homme, partie civile dans cette affaire.
Un message supprimé en quelques minutes, mais aux conséquences durables
Les faits remontent au mois de février 2024. Sur son compte X, Mila avait publié un message ciblant directement les familles maghrébines, évoquant la consanguinité et tenant des propos jugés dégradants sur l’apparence physique. Le tweet, particulièrement virulent, mentionnait notamment les migrants et faisait référence à des agressions de rue.

Consciente de la gravité de ses mots ou craignant les retombées, l’influenceuse avait effacé le message dix minutes après sa publication. Cette suppression rapide n’a toutefois pas empêché la justice de poursuivre l’affaire, des captures d’écran ayant immortalisé les propos.
Entre maladresse revendiquée et liberté d’expression absolue
Lors de son procès en octobre, Mila a adopté une ligne de défense ambiguë. Elle a présenté ses excuses aux personnes offensées et reconnu avoir été maladroite dans la formulation de son message. Cependant, dans le même temps, elle a affirmé défendre une liberté d’expression totale, refusant ainsi de renier complètement ses positions.
Le ministère public avait requis une peine légèrement inférieure à celle finalement prononcée : 1 500 euros d’amende avec sursis. Le procureur avait considéré que les injures publiques à caractère racial étaient établies sans ambiguïté.
L’avocat dénonce une atteinte aux libertés fondamentales
Me Robinson Barbier, conseil de Mila, a immédiatement réagi au jugement en annonçant son intention de faire appel. Dans ses déclarations, il qualifie cette décision de défaite pour la liberté d’expression, reprenant ainsi l’argumentaire défendu par sa cliente.
Cette posture juridique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à présenter Mila comme une défenseuse de la liberté de parole, quitte à franchir les limites fixées par la loi sur les injures raciales.
Parcours d’une polémiste : de victime protégée à figure de l’extrême droite
L’histoire médiatique de Mila commence en janvier 2020, lorsque ses critiques virulentes de l’islam sur les réseaux sociaux déclenchent une vague de harcèlement sans précédent. Des milliers d’internautes la menacent de mort, l’obligeant à vivre sous protection policière et à quitter son lycée.
La justice a d’ailleurs condamné plusieurs de ses cyberharceleurs depuis 2021, avec des peines allant jusqu’à quatre mois de prison ferme sous bracelet électronique. Ces procès avaient fait d’elle un symbole de la défense de la liberté d’expression face à l’intimidation.
Une récupération politique assumée
L’évolution de Mila ces dernières années témoigne d’un glissement progressif vers la droite nationale. En 2024, elle a officiellement rejoint Némésis, un collectif identitaire se présentant comme féministe.
Elle a également participé aux universités d’été du parti Reconquête d’Éric Zemmour, confirmant son positionnement politique. Cette trajectoire interroge sur la frontière entre critique religieuse légitime et dérive vers des propos discriminatoires, question au cœur de son procès lyonnais.
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OĂą est passĂ© le droit d’expression ?
Ça ne gĂŞnent pas certains individus de nous critiquer, nous insulter… Et lĂ c’est normal…. Mais nous nous devons la fermer….