Une mère parisienne dénonce la tonte à blanc de ses deux fils de 3 et 4 ans dans un foyer de l’ASE. Les faits de juillet 2025 font l’objet d’un signalement au parquet. La direction reconnaît une coupe plus courte que prévu.

Scandale à Paris : deux frères de 3 et 4 ans tondus à blanc dans un foyer de l’ASE
Une affaire de placement d’enfants secoue la capitale. En juillet 2025, selon les informations de France Info, deux jeunes garçons auraient eu le crâne entièrement rasé dans un établissement du 18e arrondissement. Cinq mois après les faits, la mairie de Paris transmet un signalement au parquet et convoque le directeur du foyer.
Une découverte traumatisante lors de la première visite
Le 11 juillet 2025 restera gravé dans la mémoire de Lola. Cette mère de famille se présente aux locaux de l’Aide sociale à l’enfance pour la première rencontre avec Louis et Gabriel, ses deux fils de 3 et 4 ans. Une semaine auparavant, une juge des enfants a prononcé leur placement provisoire en raison d’une séparation parentale conflictuelle.
L’image qui s’offre à elle la sidère. Ses deux garçons s’avancent le regard baissé, complètement détachés, avec le crâne intégralement tondu. La mère témoigne d’un choc violent, comparant l’apparence de ses enfants à celle de sortants d’un camp. Elle se dit incapable de les reconnaître, dépossédée de son rôle parental face à ces deux enfants au crâne rasé qui peinent à s’approcher d’elle.
Des explications contradictoires sur la coupe
Lola exige immédiatement des éclaircissements auprès des deux employées de l’ASE présentes. La réponse initiale minimise les faits en évoquant une simple coupe de cheveux. Face à l’insistance de la mère, une responsable contacte le foyer. L’explication fournie invoque la présence de poux dans l’établissement, nécessitant selon eux cette intervention radicale.
Pourtant, Lola avait donné son autorisation le matin même pour une coupe ordinaire. Elle rappelle avoir placé un traitement anti-poux dans les affaires de ses fils et précise que son aîné portait habituellement les cheveux longs, parfois en couettes. Pour elle, la tonte à blanc dépasse largement le cadre d’une simple coupe autorisée.
La version de la direction du foyer
Christian Berthuy, directeur général de la fondation OVE qui gère l’établissement, reconnaît une situation problématique. Il affirme qu’un accord de la mère a été obtenu avant de procéder à cette coupe destinée à optimiser l’efficacité du traitement anti-poux et éviter la contagion.
Le responsable admet toutefois que la coupe a pu être réalisée plus court que prévu, tout en contestant la version du rasage intégral. Selon plusieurs membres de son équipe, les enfants n’auraient pas eu le crâne complètement rasé. Il précise qu’aucun autre pensionnaire n’a subi de coupe ce jour-là , tous les enfants ayant uniquement été examinés.
Un manquement au droit parental
Un élément juridique complique sérieusement l’affaire. Seule la mère a donné son consentement pour la coupe, alors que le père dispose également de l’autorité parentale. Lors d’une audience du 18 juillet devant la juge des enfants, la directrice du foyer a reconnu cette lacune, admettant comprendre que cet acte puisse être perçu comme violent.
La fondation OVE reconnaît aujourd’hui n’avoir sollicité qu’un seul parent, ce qui constitue une irrégularité dans le respect des droits parentaux.
Une réaction judiciaire initiale jugée inappropriée
Rebecca Royer, avocate de Lola, dénonce fermement les faits. Pour elle, raser intégralement le crâne de deux jeunes enfants représente une violence inacceptable, particulièrement dans un cadre de placement censé protéger les mineurs.
L’avocate critique également la réaction de la première juge des enfants saisie du dossier. Celle-ci aurait minimisé la gravité de la situation en estimant que les cheveux repoussent. Un changement de magistrat a heureusement permis une approche plus sérieuse du problème.
Des suites judiciaires en cours
La mairie de Paris a transmis un signalement au parquet le 16 décembre 2025. Le directeur du foyer sera convoqué dans les huit jours, de même que la famille et des associations intervenant dans le domaine de l’ASE sur le territoire parisien.
De son côté, Lola prépare le dépôt d’une plainte dans les prochaines semaines. Sa démarche vise à obtenir une reconnaissance de ce qu’elle qualifie d’humiliation, afin de pouvoir un jour répondre aux questions que ses fils ne manqueront pas de poser. À l’heure actuelle, le parquet de Paris n’a pas communiqué sur l’ouverture éventuelle d’une enquête judiciaire.
(Merci Fabrice Guérault)
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