Une gardienne de la paix de 25 ans a été déférée pour avoir consulté illégalement des fichiers policiers sensibles et vendu ces informations à des délinquants pour des sommes allant jusqu’à 5000 euros. Découverte via Snapchat, elle risque la prison.

Une policière de 25 ans vendait des fichiers sensibles à des délinquants pour plusieurs milliers d’euros
Selon les informations de BFMTV, une jeune gardienne de la paix domiciliée dans le Val-de-Marne est accusée d’avoir consulté frauduleusement des données confidentielles et de les avoir revendues à des personnes recherchées par la justice. Découverte grâce à Snapchat, elle a été déférée avec un complice.
Découverte sur Snapchat : l’origine de l’affaire
L’enquête débute le 13 mai 2025 lorsque les agents de l’Office anti-cybercriminalité repèrent sur Snapchat une annonce proposant des consultations de fichiers policiers. Le réseau social était utilisé pour commercialiser l’accès à des données hautement sensibles, notamment le fichier des personnes recherchées.
Les investigations techniques permettent rapidement d’identifier la source des fuites : une gardienne de la paix de 25 ans résidant à Villeneuve-Saint-Georges. Affectée à la simple garde bâtimentaire, elle n’avait aucune raison légitime d’accéder à ces informations confidentielles.
Vingt fiches consultées et des milliers d’euros détournés
Les vérifications révèlent que la fonctionnaire a procédé à une vingtaine de consultations illégales depuis 2024. Son compte bancaire montre des virements suspects provenant des personnes visées par ces fichiers, pour des montants compris entre 15 et 5000 euros.
Le bénéfice financier total obtenu grâce à ce trafic se chiffre à plusieurs milliers d’euros. Les autorités constatent un schéma répétitif inhabituel : chaque consultation aboutissait systématiquement à un résultat positif, sans jamais déboucher sur la moindre interpellation.
Un tarif établi pour chaque prestation
En septembre 2025, l’IGPN rejoint l’enquête. Les investigations mettent au jour l’implication d’un deuxième suspect dans l’entourage de la policière. Cet individu servait d’intermédiaire avec les clients finaux.
Les échanges saisis dévoilent une véritable grille tarifaire : 30 euros pour une fiche de police classique, 250 euros pour obtenir une levée d’immobilisation de véhicule. Un commerce organisé de renseignements destinés à permettre à des délinquants d’échapper aux forces de l’ordre.
Placement sous contrôle judiciaire en attendant le procès
Les deux suspects ont été interpellés et placés en garde à vue le 15 décembre. Déférés deux jours plus tard devant la justice, ils devront comparaître lors d’une audience fixée au 15 juin 2026.
Les chefs d’accusation sont lourds : détournement de fichier, transmission frauduleuse de données, violation du secret professionnel, recel, corruption active et passive, ainsi que blanchiment. En attendant leur procès, ils sont placés sous contrôle judiciaire strict avec interdiction de se contacter, de quitter le territoire français et, pour la gardienne de la paix, d’exercer toute fonction publique.
Une résolution rapide saluée par les enquêteurs
Les sources proches du dossier soulignent le caractère anormal des consultations effectuées : un nombre exceptionnellement élevé de recherches fructueuses sans aucune suite opérationnelle. Un comportement qui a rapidement alerté les systèmes de surveillance interne.
Les enquêteurs se félicitent d’avoir pu identifier et neutraliser cette menace en quelques mois, évitant ainsi une affaire qui aurait pu s’enliser pendant des années. La préfecture de police de Paris n’avait pas encore communiqué officiellement sur cette affaire jeudi en milieu de journée.
(Merci Rudy van Cappellen)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




