Après 15 ans de mobilisation syndicale, le commissariat de Périgueux déménage enfin dans de nouveaux locaux deux fois plus grands. Les 207 agents quittent des installations devenues inadaptées pour un bâtiment moderne de 3000 m² avec sept cellules de garde à vue.

Périgueux : les policiers déménagent après quinze ans de mobilisation
Un nouveau commissariat attendu depuis 2009 ouvre ses portes boulevard Lakanal
Les fonctionnaires du commissariat de Périgueux s’apprêtent à tourner une page historique. Dans quelques jours, les 207 agents de police quitteront définitivement leurs locaux de la rue du IV-Septembre pour rejoindre un bâtiment flambant neuf. Une victoire syndicale qui met fin à une bataille de quinze années, relate Ici Périgord.
Une attente qui touche Ă sa fin
David Fournier ne cache pas son émotion. Le délégué départemental du syndicat Alliance en Dordogne parle d’un “aboutissement collectif”. Dès le 13 janvier à 14 heures, le public pourra accéder aux nouvelles installations situées boulevard Lakanal. Ce transfert marque la fin d’une époque pour des locaux occupés depuis 1974.
Le syndicaliste, arrivé dans les anciens locaux en 1997, a été témoin d’une explosion de l’activité. Les procédures judiciaires ont été multipliées par dix en trois décennies pour atteindre 5 000 dossiers annuels en 2025.
Des conditions devenues intenables
L’évolution la plus frappante concerne les gardes à vue. Ce qui constituait un événement rare en 1997 est devenu une routine quotidienne. Le commissariat est passé de 400 gardes à vue en 2019 à 1 000 en 2025, avec seulement deux cellules disponibles.
Cette situation a engendré des problèmes majeurs. Les personnes placées en garde à vue devaient parfois cohabiter plusieurs jours dans les mêmes cellules, portant atteinte à leur dignité. Le nouveau bâtiment disposera de sept cellules conformes aux normes, dont une spécialement aménagée pour les mineurs.
L’accueil du public était également problématique. Les victimes peinaient à s’exprimer sereinement dans des espaces exigus où les bureaux se côtoyaient sans intimité. Les conditions de travail des agents s’étaient considérablement dégradées au fil des ans.
Quinze années de bataille syndicale
Philippe de Sousa, délégué départemental adjoint, conserve précieusement une volumineuse pile de dossiers. Ces documents retracent mois par mois les péripéties d’un combat acharné, émaillé d’avancées et de blocages budgétaires.
Les premières alertes remontent à 2011. Dès 2014, le syndicat multipliait les interventions médiatiques pour sensibiliser l’opinion publique. Les représentants syndicaux refusaient alors les demi-mesures, rejetant notamment une simple réhabilitation du rez-de-chaussée qu’ils qualifiaient de “rustine”.
Le mouvement s’est intensifié en 2018 avec un blocage du commissariat et une grève du zèle. Les policiers partageaient alors des espaces de travail dérisoires, certains étant cantonnés dans des préfabriqués de moins de 15 m².
Un projet porté par plusieurs gouvernements
Le dossier a traversé plusieurs ministères de l’Intérieur. Bruno Leroux s’était engagé sur le projet en 2017 lors de l’inauguration du commissariat de Bergerac. Jacqueline Gouraud et Gérard Collomb ont pris le relais, ce dernier annonçant en 2018 un déménagement programmé pour 2021.
La visite de Gérald Darmanin en 2022 dans le cadre des États généraux de la Justice a constitué un tournant décisif. Après une première venue controversée en 2021 où il n’avait pas rencontré les policiers, le ministre est revenu examiner les installations vétustes. Il a alors confirmé le transfert pour 2024, date qui a finalement glissé de quelques mois.
Un doublement de la superficie
Le nouveau commissariat représente un bond en avant considérable. La surface passe de 1 700 à plus de 3 000 m², offrant enfin des espaces de travail dignes et fonctionnels. Les agents de chaque service ont été consultés pour exprimer leurs besoins spécifiques.
Les deux syndicalistes ont suivi régulièrement l’avancement du chantier, constatant la concrétisation d’un projet qu’ils avaient parfois désespéré de voir aboutir. David Fournier immortalise ces derniers jours les anciens locaux en photos, témoignage d’une vie professionnelle de trente années passées entre ces murs.
(Merci Yann Bourguignon)
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Bon déménagement à vous !!
La bataille a été longue, mais enfin vous allez avoir des locaux adaptés à votre travail..