Une famille évangéliste du Val-de-Marne a été condamnée pour financement d’organisation terroriste après avoir transféré de l’argent à leur fille radicalisée partie en Syrie. Les proches affirment avoir voulu aider une jeune femme en détresse.

Une famille chrétienne du Val-de-Marne condamnée pour avoir soutenu financièrement leur fille djihadiste
Onze ans après le départ de leur fille cadette pour la Syrie, quatre membres d’une famille évangéliste ont été reconnus coupables de financement du terrorisme. Ils affirment avoir agi par solidarité familiale, sans intention de soutenir Daech, relate Le Parisien.
Les parents, le frère et la sœur d’une jeune femme radicalisée ont comparu mercredi 7 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris. Leur crime présumé : avoir envoyé plusieurs milliers d’euros à leur proche partie rejoindre l’organisation État islamique en 2014. Cette affaire met en lumière le dilemme moral et juridique des familles confrontées à la radicalisation d’un des leurs.
Des peines avec sursis pour une famille modeste
Le tribunal a prononcé des peines de quatorze mois d’emprisonnement avec sursis simple et 1 000 euros d’amende pour la mère et les deux enfants. Le père écope quant à lui de dix jours-amendes à 15 euros. Ces sanctions interviennent plus de six ans après les transferts d’argent incriminés, effectués entre 2017 et 2019.
La cour a néanmoins reconnu les circonstances particulières de cette affaire en ordonnant la dispense d’inscription de la condamnation au casier judiciaire et au fichier des auteurs d’infractions terroristes. Cette décision témoigne de la prise en compte de la situation familiale dramatique.
Le parcours d’une jeune femme vers la radicalisation
En 2014, la benjamine de la famille, alors âgée de 19 ans, quitte l’appartement familial de Choisy-le-Roi sans prévenir. Accompagnée d’une amie radicalisée, elle s’envole pour la Turquie avant de franchir la frontière syrienne pour rejoindre le groupe État islamique.
Sa conversion à l’islam remonte à 2013, sous l’influence d’une voisine qu’elle fréquentait régulièrement. Si les premiers signes semblaient positifs selon sa mère, avec un comportement plus calme et de meilleurs résultats scolaires, la situation a rapidement évolué. La jeune femme a commencé à tenir des propos inquiétants et à porter le voile intégral.
Entre devoir familial et infraction terroriste
Une fois en Syrie, la jeune femme épouse successivement trois combattants. Après la mort de son premier mari, elle se retrouve veuve avec deux enfants en 2017. C’est à ce moment qu’elle sollicite l’aide de sa famille, confrontée à des difficultés matérielles dans une zone de conflit.
La famille, aux ressources limitées, décide de répondre à cet appel. Le père, en arrêt maladie, ne travaille plus. La mère exerce comme agent de nettoyage et la sœur aînée occupe un poste dans le secteur social. Ensemble, ils se cotisent pour envoyer des fonds destinés, selon eux, à assurer la survie de leur proche et de ses enfants.
Des transferts d’argent sous surveillance judiciaire
Les premiers envois s’effectuent via des mandats cash classiques. Lorsque les services de transfert Western Union les inscrivent sur liste noire, la famille utilise les services d’un intermédiaire, qui s’avère être un collecteur pour Daech. Les prévenus affirment n’avoir jamais eu connaissance de l’identité réelle de cet homme.
La logique du parquet est claire : tout financement vers une personne engagée dans une entreprise terroriste constitue un soutien à la cause, indépendamment des intentions affichées. Cette position juridique entre en confrontation directe avec l’argumentaire de la défense, qui met en avant l’instinct naturel de protection familiale.
Une famille déchirée entre amour et justice
À la barre, les membres de cette famille congolaise installée à Vitry-sur-Seine expriment leur incompréhension face aux poursuites. Chrétiens évangélistes, ils ont grandi dans un quartier difficile sans jamais avoir eu affaire à la justice. Leur seul tort, selon eux, est d’avoir répondu aux demandes d’aide d’un membre de leur famille en situation de détresse.
La sœur aînée maintient avoir toujours cherché à convaincre la benjamine de rentrer en France, maintenant un contact téléphonique régulier malgré la distance et les circonstances. Chaque envoi d’argent était accompagné de questions sur l’utilisation prévue des fonds, dans un souci de s’assurer qu’ils servaient aux besoins essentiels.
Un épilogue judiciaire aux multiples facettes
Arrêtée et placée dans un camp kurde, la jeune femme a finalement été rapatriée en France. Jugée et condamnée pour son engagement auprès de l’organisation terroriste, elle purge actuellement sa peine en détention. Ses deux filles ont été confiées à l’Aide sociale à l’enfance.
Les avocates de la défense soulignent la dimension humaine de cette affaire. Elles mettent en avant une mère désemparée face au départ de sa fille en zone de guerre et une sœur guidée par un sentiment naturel d’entraide. Les sommes transférées, qualifiées de dérisoires, visaient uniquement à assurer la subsistance d’une femme et de ses enfants dans un contexte de danger réel.
Cette condamnation pose la question délicate de la frontière entre solidarité familiale et complicité involontaire avec le terrorisme. Elle illustre les dilemmes auxquels sont confrontées les familles de personnes radicalisées, prises entre leurs obligations morales et les impératifs de la lutte antiterroriste.
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encore des Ă©trangers qui envoient de l’argent Ă des personnes dangereuses moi je les renverrais chez eux et les EvangĂ©listes c’est une secte et ont les aident stop
On dit « évangéliQUE » ! Comme on dit « catholique » et non « catholiste. »