Un homme de 20 ans a été renvoyé en prison après avoir détruit à deux reprises son bracelet électronique, trois jours seulement après sa libération conditionnelle. Jugé à Nîmes, il écope de 10 mois ferme.

Un Nîmois réincarcéré après avoir détruit deux fois son bracelet électronique en trois jours
À peine libéré de prison, un jeune homme de 20 ans a sabordé à deux reprises le dispositif de surveillance placé à sa cheville. Jugé en comparution immédiate lundi 12 janvier au tribunal de Nîmes, il a été condamné à 10 mois de prison ferme avec incarcération immédiate, relate Le Midi libre.
Le parcours judiciaire de ce Nîmois âgé de 20 ans illustre les difficultés du système de surveillance électronique. Sorti de détention le 7 janvier dernier et placé sous contrôle électronique pour des vols antérieurs, l’homme a détruit son équipement de surveillance à deux reprises en l’espace de quelques jours, conduisant à son retour derrière les barreaux.
Un bracelet endommagé dès le premier jour
Les problèmes ont débuté immédiatement après l’installation du dispositif. Dès le 9 janvier, soit deux jours après sa libération, les autorités constatent une première destruction du bracelet. Le prévenu affirme alors que l’équipement était trop serré et s’est rompu spontanément. Il se serait présenté directement au commissariat pour signaler l’incident, conduisant à la pose d’un nouveau dispositif.
Une seconde destruction et une version contestée
La situation s’aggrave le 10 janvier vers 21 heures. Alors qu’il devait respecter des horaires stricts à son domicile, le jeune homme est interpellé dans les rues de Nîmes, sans bracelet, en état d’ébriété et titubant. Cette fois, il invoque un accident de voiture avec un ami pour expliquer la disparition du dispositif.
Devant la présidente du tribunal Gwenaëlle Le Flao, il montre une blessure à la cheville et soutient que le bracelet s’est arraché lors du choc. Il reconnaît cependant ne pas avoir signalé cet accident aux forces de l’ordre et avoir des souvenirs flous de l’événement.
Des explications jugées peu crédibles
La magistrature s’est montrée sceptique face aux justifications avancées. La procureure Charlotte Cerna a rappelé que lors de son audition initiale, le prévenu avait admis avoir lui-même retiré le bracelet lors du second incident, contredisant la thèse de l’accident involontaire.
Le tribunal a également souligné l’absence de cohérence dans les déclarations et le fait qu’aucun accident de la circulation n’avait été signalé aux autorités compétentes.
Un casier judiciaire déjà chargé à 20 ans
Le profil pénal du jeune homme a pesé lourd dans la décision. Malgré son jeune âge, il totalise déjà six mentions à son casier judiciaire. Ce passif a conduit le parquet à requérir une peine de 10 mois d’emprisonnement ferme assortie d’un mandat de dépôt.
L’avocate de la défense, Me Merwa Amar, a tenté de minimiser la gravité des faits en insistant sur l’absence de tentative de fuite ou de départ de la ville. Elle a plaidé pour une sanction plus mesurée, soulignant que son client n’avait pas cherché à échapper totalement à la surveillance.
Une condamnation sans appel
Le tribunal judiciaire de Nîmes a finalement suivi les réquisitions du ministère public. Le prévenu a été condamné à 10 mois de prison ferme et a été immédiatement reconduit en détention à l’issue de l’audience du 12 janvier. Cette décision illustre la fermeté des juridictions face aux violations des mesures alternatives à l’incarcération.
L’affaire soulève des questions sur l’efficacité du bracelet électronique pour certains profils et sur l’accompagnement des personnes placées sous surveillance.
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