Alors que l’autopsie d’El Hacen Diarra révèle des traces potentielles de strangulation, Laurent Nuñez refuse de suspendre les policiers impliqués. Retour sur les éléments troublants de cette garde à vue mortelle à Paris et l’ouverture d’une information judiciaire.

Affaire El Hacen Diarra : Laurent Nuñez maintient sa confiance aux policiers malgré les éléments troublants
Malgré les demandes répétées de la famille du défunt et l’ouverture d’une information judiciaire pour violences volontaires, Laurent Nuñez a exclu ce mardi toute suspension administrative des agents ayant procédé à l’interpellation.
L’affaire prend une tournure politique et judiciaire complexe. Quelques jours après le décès d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort à la suite de son interpellation et de sa garde à vue dans un commissariat parisien, le face-à -face se durcit entre les autorités et les proches de la victime. Interrogé lors des questions au gouvernement, Laurent Nuñez a opposé une fin de non-recevoir aux requêtes de la famille, affirmant n’avoir « aucune raison de suspendre les fonctionnaires de police en question » à ce stade de l’enquête, relate Le Parisien.
Une autopsie au cœur de la controverse
Si le représentant de l’État assure s’en remettre à la justice pour « faire toute la lumière », la partie civile dénonce une gravité exceptionnelle des faits. Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille Diarra, s’appuie sur des résultats d’autopsie qu’il juge accablants. Les examens ont révélé une fracture de la corne du cartilage thyroïdien ainsi qu’une plaie profonde à la tempe.
Pour l’avocat, ces lésions sont « caractéristiques » d’un étranglement et « incompatibles avec l’hypothèse d’un malaise spontané », thèse initialement avancée. Il réclame désormais le placement immédiat en garde à vue des policiers et leur présentation à un juge d’instruction, fustigeant une communication institutionnelle qui aurait, selon lui, « retardé l’accès à la vérité ».
De son côté, le parquet de Paris reste prudent. S’il reconnaît l’existence de ces lésions, il précise que le lien de causalité avec le décès n’est pas formellement établi, la fracture pouvant être antérieure ou survenue post-mortem. Des expertises complémentaires, attendues dans plusieurs semaines, devront trancher.
Vidéos et dysfonctionnements techniques
L’enquête s’appuie également sur des éléments visuels et sonores contestés. Une vidéo amateur, filmée par un riverain, montre l’un des fonctionnaires asséner des coups de poing à l’homme plaqué au sol. Selon une analyse sonore commandée par la famille, la victime aurait crié : « Vous m’étranglez ! ».
Un autre point de tension concerne l’absence d’images officielles. Les caméras-piétons des agents n’ont rien enregistré, faute de batterie selon les policiers. Une justification qualifiée de « peu crédible » par la défense, qui y voit une potentielle dissimulation de preuves, d’autant qu’aucune caméra de surveillance urbaine ne couvrait la zone précise de l’interpellation.
L’enquête confiée à un juge d’instruction
Face à la pression et à la complexité du dossier, le parquet de Paris a ouvert lundi soir, soit cinq jours après les faits, une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique ». Un délai jugé trop long par la famille, qui critique le fait que les premières auditions des agents se soient déroulées dans un commissariat voisin avant même la saisine de l’IGPN (Inspection générale de la Police nationale).
Le parquet se défend de toute lenteur, arguant que l’enquête initiale visait à rechercher les causes de la mort en l’absence d’éléments suspects immédiats, permettant ainsi d’ordonner l’autopsie sans délai. Les policiers, quant à eux, maintiennent leur version : celle d’une interpellation difficile où M. Diarra les aurait entraînés au sol à plusieurs reprises.
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Facile de mettre nos policiers en accusation… Mais on ne parle pas de l’interpellation, est-ce que cet individu n’a pas Ă©tĂ© violent Ă©galement avec nos policiers… Comment ça se passe dans son pays ?
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