Suite à un rapport accablant de SOS Racisme sur les pratiques locatives, Aurore Bergé annonce un décret imminent. La formation à la non-discrimination deviendra obligatoire pour l’ensemble des agents immobiliers.

Discrimination au logement : la formation des agents immobiliers va devenir obligatoire
Face au constat alarmant dressé par SOS Racisme, qui révèle qu’une agence sur deux accepterait de discriminer des locataires potentiels, le gouvernement a décidé de légiférer. Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, annonce la signature prochaine d’un décret imposant une formation spécifique à tous les professionnels du secteur.
La réponse de l’exécutif ne s’est pas fait attendre. Quelques jours après la publication d’une enquête de terrain menée par SOS Racisme, pointant du doigt la persistance de pratiques illégales dans l’accès au logement, Aurore Bergé a pris la parole ce 25 janvier. Dans une interview accordée à la presse quotidienne, la ministre a fermement rappelé les principes républicains : « Quel que soit son fondement ― l’origine, le sexe, la religion ― la discrimination est illégale. », relate Le Parisien.
Au-delà du rappel à la loi, c’est un changement réglementaire concret qui est annoncé pour endiguer ce phénomène.
Un décret attendu dans les « prochaines semaines »
Le rapport de l’association antiraciste est sans appel : 48,48% des agences immobilières testées ont soit accepté directement d’écarter des candidats d’origine étrangère à la demande de propriétaires, soit se sont rendues complices de ces exigences.
Jugeant qu’il est nécessaire « d’aller plus loin », Aurore Bergé a confirmé travailler de concert avec le ministère du Logement. L’objectif est la signature imminente d’un décret rendant obligatoire la formation sur la non-discrimination pour l’intégralité des agents immobiliers.
Jusqu’à présent, cette sensibilisation ne concernait obligatoirement que les détenteurs de la carte professionnelle. Pour les autres collaborateurs, la formation continue restait facultative. Un système jugé inefficace par la ministre : « Seuls ceux qui sont déjà convaincus s’en emparent », déplore-t-elle. La nouvelle mesure vise à garantir que la sélection des locataires s’opère uniquement sur des critères objectifs, tels que la solvabilité, et non sur des biais racistes ou sexistes.
L’emploi également sous surveillance
Si le logement est au cœur de l’actualité, le gouvernement poursuit également ses investigations sur le front de l’emploi. Depuis la fin de l’année 2025, une vaste campagne de testing a été lancée pour débusquer les discriminations à l’embauche.
Au total, 16 000 CV fictifs sont en cours d’envoi pour répondre à 4 000 offres réelles, en faisant varier des paramètres clés comme le patronyme, l’adresse ou le genre. Les conclusions de cette opération d’envergure sont attendues pour le mois de juin.
Cette initiative s’inscrit dans le sillage des travaux de la Défenseure des droits, Claire Hédon. Dans son rapport sur l’évolution des discriminations entre 2016 et 2024, elle soulignait que le monde du travail demeure le terrain principal des injustices : 14% des actifs déclaraient avoir subi une discrimination lors de leur recherche d’emploi en 2024.
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