Un gastro-entérologue de 64 ans a été arrêté en flagrant délit d’upskirting vendredi à la station Châtelet-Les-Halles, surpris par un policier hors service. Un phénomène en hausse de 8% dans les transports franciliens depuis 2022.

Un médecin arrêté pour upskirting dans le métro parisien, pris en flagrant délit par un policier hors service
Un gastro-entérologue de 64 ans, venu à Paris pour un congrès médical, a été interpellé vendredi en fin d’après-midi à la station Châtelet-Les-Halles. Surpris par un policier hors service alors qu’il filmait sous la jupe d’une jeune passagère, il a été placé en garde à vue. Ce fait divers illustre un phénomène en constante progression dans les transports franciliens.
Un policier hors service donne l’alerte
Tout commence par une observation fortuite, relate Le Parisien. En fin d’après-midi ce vendredi, un fonctionnaire de police qui se déplace à titre privé dans le réseau parisien remarque le comportement suspect d’un homme d’une soixantaine d’années sur le quai de la station Châtelet-Les-Halles, dans le 1er arrondissement de Paris. L’individu filme discrètement, téléphone en main, sous la jupe d’une jeune femme qui se tient devant lui. Le policier intervient sans attendre et contacte immédiatement ses collègues.
À 17h30, les agents de la brigade des réseaux franciliens (BRF) arrivent en renfort pour appréhender formellement le suspect. La victime, âgée de 20 ans, dépose plainte sur place.
Un médecin de province de passage dans la capitale
Le mis en cause est un gastro-entérologue installé à Poitiers, dans la Vienne. Il s’était rendu à Paris pour assister à un congrès médical. Placé en garde à vue dans les locaux de la sûreté régionale des transports (SRT), saisie des investigations, il ne présenterait aucun trouble psychiatrique connu. L’enquête cherchera notamment à établir s’il a déjà commis des faits similaires par le passé. Le parquet de Paris n’avait pas encore répondu aux sollicitations ce samedi en milieu de journée.
L’upskirting, un délit entré dans la loi en 2018
La captation d’images impudiques — désignée sous le terme anglais upskirting, soit le fait de filmer ou photographier sous les vêtements d’une personne sans son consentement — ne constitue un délit en droit français que depuis 2018. Avant cette évolution législative, les auteurs de tels actes étaient poursuivis par défaut pour violences, faute de qualification pénale adaptée. Tout individu reconnu coupable de ce délit s’expose désormais à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
Ce type d’affaire est loin d’être isolé. En juin 2022, un avocat avait été arrêté dans des circonstances quasi identiques à la station Convention, dans le 15e arrondissement. « C’est un phénomène malheureusement assez habituel. Dans les transports, on relève au moins un cas par semaine. Et ces déviances touchent toutes les catégories de population », soulignait un fonctionnaire interrogé en 2024, précisant qu’un commissaire de police à la retraite avait lui-même été un jour mis en cause.
Des chiffres alarmants dans les transports franciliens
Les données communiquées à la préfecture de police de Paris dressent un tableau préoccupant. En 2025, 1 126 atteintes sexuelles dans les transports franciliens ont été portées à la connaissance des autorités — un chiffre stable par rapport à 2024, mais en progression de 8% depuis 2022. Plus globalement, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées l’année dernière, contre 1 815 en 2016, soit une quasi-multiplication par deux en moins d’une décennie.
Une étude menée en 2022 révèle que 70% des femmes interrogées déclarent avoir été victimes d’au moins une forme de violence sexiste ou sexuelle dans les transports franciliens. Parmi elles, 80% affirment rester constamment en état d’alerte lorsqu’elles empruntent le métro, le bus ou le RER.
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