Lors d’une fête organisée le 14 mars 2026 à Guiche (Pyrénées-Atlantiques), deux hommes filmés en polo de gendarme ont proféré des insultes racistes et effectué un salut nazi. Après signalement du préfet, le parquet de Bayonne a ouvert une enquête pénale.

Pyrénées-Atlantiques : propos racistes et salut nazi lors d’une fête de village, une enquête judiciaire ouverte à Bayonne
Une vidéo filmée le 14 mars 2026 lors d’une soirée festive à Guiche, dans les Pyrénées-Atlantiques, a provoqué une vague d’indignation après sa diffusion publique sur les réseaux sociaux. On y voit deux hommes arborant un polo de gendarme tenir des propos d’une violence raciste explicite et exécuter un salut nazi. Saisi par le préfet du département, le parquet de Bayonne a ouvert une enquête.
Une soirée banale qui bascule
Tout commence en marge du match de rugby France-Angleterre, relate Le Parisien. Ce vendredi 14 mars, le comité des fêtes de Guiche, bourgade d’environ un millier d’habitants nichée dans les Pyrénées-Atlantiques, organise une « soirée bleue », rassemblement festif autour du sport et du patriotisme sportif. Rien, a priori, ne laisse présager ce qui va suivre.
Au cours de la soirée, une vidéo est tournée autour d’une grande tablée. Les images circulent d’abord confidentiellement en story privée sur Instagram, avant d’être rendues publiques le 18 mars sur Facebook par le mouvement antifasciste basque Ipeh Antifaxista. Ses militants affirment avoir voulu mettre fin à l’impunité de tels comportements et revendiquent avoir identifié les deux protagonistes.
Des propos d’une violence rare
Sur les images, deux individus portant un polo aux couleurs de la gendarmerie nationale — vraisemblablement un accessoire de déguisement propre à la soirée thématique — sont attablés. L’un désigne son voisin et lâche une phrase violemment raciste, se félicitant d’une prétendue arrestation de personnes d’origine arabe. L’autre renchérit aussitôt dans le même registre. Le premier conclut par un « Viva la France ! » suivi d’un triple « Heil ! » accompagné du geste nazi caractéristique, bras tendu en avant.
Des propos qui, au regard du droit pénal français, sont susceptibles de constituer une provocation à la haine ou à la discrimination à raison de l’origine ou de la nationalité.
La gendarmerie exclut la piste militaire
L’une des questions soulevées par la diffusion de ces images est l’identité réelle des protagonistes. Selon les militants d’Ipeh Antifaxista, le premier individu serait un membre du comité des fêtes de Came, commune voisine de Guiche. Le second serait, selon eux, un gendarme en activité. La gendarmerie départementale a cependant conduit ses propres vérifications internes et conclu, à ce stade, que la personne filmée « n’est pas un militaire d’active de la gendarmerie nationale ». Le port du polo thématique lors de la soirée bleue semble donc être à l’origine de la confusion.
Le préfet déclenche la procédure judiciaire
Face à l’ampleur de la polémique, le préfet des Pyrénées-Atlantiques Jean-Marie Girier a réagi sans attendre. Dans un communiqué publié le samedi 21 mars sur X, il annonce avoir effectué un signalement auprès de la procureure de Bayonne, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale. Ce texte impose à tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou d’un délit d’en aviser sans délai le ministère public.
Le préfet souligne que les faits sont « susceptibles de constituer des infractions pénales, notamment au regard des dispositions relatives à la provocation à la haine ou à la discrimination ». Le parquet de Bayonne a confirmé l’ouverture d’une enquête.
Les organisateurs prennent leurs distances
La mise en ligne de la vidéo a contraint les associations locales à réagir publiquement. Le comité des fêtes de Guiche a répondu directement sous la publication d’Ipeh Antifaxista, réaffirmant son « attachement aux valeurs de respect, de convivialité et de partage » et indiquant sans ambiguïté que de tels comportements « n’ont pas leur place, quelles que soient les circonstances ».
Le comité des fêtes de Came s’est lui aussi dissocié des faits, précisant que l’individu mis en cause « ne compte plus parmi ses membres depuis plusieurs années » et qu’il ne cautionne « aucunement les propos ni les comportements évoqués dans cette vidéo ». L’enquête en cours déterminera les suites judiciaires réservées aux deux protagonistes.
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