Treize jours après son évasion spectaculaire de la prison de Villepinte grâce à de faux policiers, Ilyas Kherbouch dit “Ganito” a été arrêté à Canet-en-Roussillon. Sa complice présumée ? Une ancienne surveillante pénitentiaire de 25 ans, radiée début mars. La justice cherche à établir son rôle exact.

L’évadé de Villepinte arrêté avec une ex-surveillante pénitentiaire : une complicité venue de l’intérieur ?
Treize jours après une évasion aussi audacieuse que méthodique, Ilyas Kherbouch, connu sous le pseudonyme “Ganito”, a été interpellé vendredi 20 mars à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales. À ses côtés au moment de l’arrestation : une jeune femme de 25 ans, ancienne agente de l’administration pénitentiaire, dont le rôle dans la fuite du détenu fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire.
Une ex-agente pénitentiaire au cœur de l’affaire
La jeune femme interpellée en compagnie du détenu évadé n’est pas une inconnue du monde carcéral, relate RTL. Jusqu’au début du mois de mars, elle exerçait la fonction de surveillante pénitentiaire — avant d’en être radiée, pour des raisons qui n’ont pas encore été rendues publiques. Cette coïncidence de calendrier, à peine quelques jours avant l’évasion du 7 mars, ne manque pas d’alimenter les interrogations des enquêteurs.
Placés tous deux en rétention à l’issue de leur interpellation, Ilyas Kherbouch et son accompagnatrice doivent être présentés au juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Perpignan. Ils seront ensuite déférés devant les juges d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) à Paris, compétente pour les affaires de grande criminalité organisée.
Une évasion orchestrée avec une fausse réquisition
Pour comprendre pourquoi la présence de cette ancienne agente suscite autant d’intérêt chez les magistrats, il faut revenir sur les circonstances précises de l’évasion. Le 7 mars, en plein après-midi, deux individus se présentent à la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Ils se font passer pour des policiers venus récupérer le détenu dans le cadre d’une réquisition judiciaire.
Munis d’un faux document officiel en apparence irréprochable, les deux hommes franchissent le greffe sans éveiller de soupçons. Le subterfuge exploite un angle mort de procédure : le personnel pénitentiaire ne signale l’absence d’Ilyas Kherbouch que quarante-huit heures plus tard, délai correspondant à la durée légale maximale d’une garde à vue. C’est ainsi que le détenu quitte la prison par la grande porte, sans la moindre résistance.
La question centrale que doit désormais trancher la justice est de savoir si cette ancienne surveillante a pu conseiller ou faciliter l’élaboration d’un tel stratagème, en raison de sa connaissance des procédures internes.
Un détenu lié à des affaires très médiatisées
Ilyas Kherbouch, Franco-Marocain né en mars 2005, est une figure connue des services judiciaires depuis l’adolescence.
Il était incarcéré à Villepinte pour purger quatre condamnations, tout en étant maintenu en détention provisoire dans le cadre de deux autres instructions judiciaires. Sa mise en examen portait notamment sur deux home-jackings particulièrement violents : celui commis au domicile de Gianluigi Donnarumma, ancien gardien de but du Paris Saint-Germain, et celui visant le chef cuisinier étoilé Simone Zanoni.
Son avocate a indiqué que son client n’aurait connu qu’un mois et demi de liberté depuis le début de son adolescence — une trajectoire judiciaire qui illustre l’ampleur d’un parcours délinquant précoce et dense.
Condamné en appel au cours de sa fuite
Le dossier judiciaire du fugitif s’est encore alourdi durant sa cavale. Le 12 mars, la cour d’appel l’a condamné par contumace à six ans d’emprisonnement ferme pour une nouvelle tentative de vol aggravé, sans que cette décision ne mette fin à sa fuite pour autant.
Concernant l’organisation de l’évasion elle-même, un majeur et un mineur avaient été mis en examen dès le 11 mars. Les enquêteurs restaient alors à la recherche des autres membres du commando. L’interpellation d’Ilyas Kherbouch et de son accompagnatrice, treize jours après les faits, marque une étape décisive dans le démantèlement du réseau ayant rendu possible cette opération d’une rare sophistication.
(Merci Rudy van Cappellen)
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FĂ©licitations pour l’arrestation de cet Ă©vadĂ©…
C’est affolant qu’une fille aide un dĂ©tenu et part avec…