Dans le Nord, une fillette présente de multiples fractures et un grave traumatisme crânien après des mois de maltraitance présumée. Sa vue pourrait être définitivement compromise. La mère est mise en examen, son compagnon visé par un mandat d’arrêt. L’affaire est désormais confiée à un juge d’instruction.

Une fillette aux séquelles potentiellement irréversibles : l’affaire de Guesnain passe en instruction criminelle
Dans le Nord, une affaire de maltraitance présumée sur deux jeunes enfants prend une tournure particulièrement grave. L’une des fillettes présente un traumatisme crânien sévère et de multiples fractures d’âges différents. Sa vue pourrait être définitivement compromise. Un juge d’instruction a été saisi vendredi, tandis que la mère est mise en examen et que son compagnon fait l’objet d’un mandat d’arrêt.
Des mois de violences présumées avant l’alerte
Depuis le 21 janvier dernier, un homme de 23 ans et une femme de 20 ans étaient placés sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une enquête portant sur des mauvais traitements infligés à deux fillettes hébergées sous leur toit, successivement dans les communes d’Aniche puis de Guesnain. Les faits reprochés couvrent une période allant de mai 2024 à janvier 2025. C’est l’hospitalisation de l’une des enfants — dont le prénom a été modifié pour protéger son identité, désignée ici sous le prénom Iris — qui avait déclenché l’enquête, relate La Voix du Nord.
Un procès pour violences était initialement programmé ce vendredi devant le tribunal correctionnel. Il n’a pas pu se tenir en raison des conclusions récentes d’un médecin légiste.
Fractures multiples, traumatisme crânien et hypothèse du bébé secoué
L’expert médical a relevé plusieurs fractures aux âges distincts : une au niveau du crâne, une à un avant-bras et une au tibia. Il a par ailleurs évoqué la possibilité qu’Iris ait été victime du syndrome du bébé secoué. Surtout, le praticien a conclu qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur d’éventuelles séquelles définitives, selon les propos rapportés par le juge Benoît Gineprino. Ce dernier précise que le traumatisme crânien subi par l’enfant est massif et qu’une perte de la vue ne peut être écartée.
Du délit au crime : un basculement judiciaire aux lourdes conséquences
Cette gravité potentielle modifie profondément le cadre légal de l’affaire. Si Iris venait à souffrir d’une infirmité permanente consécutive aux violences subies, les faits ne relèveraient plus de la compétence correctionnelle mais de la juridiction criminelle. Le tribunal a lui-même admis que toutes les zones d’ombre ne sont pas encore levées dans ce dossier. L’avocat de la mère a de son côté évoqué l’existence potentielle d’autres protagonistes dans cette affaire, laissant entrevoir des investigations à venir plus étendues. C’est dans ce contexte qu’un juge d’instruction a été formellement saisi.
La mère mise en examen, le compagnon en fuite
Seule présente à l’audience ce vendredi — et enceinte de son troisième enfant —, la mère des deux fillettes doit être formellement mise en examen. Face à la justice, elle s’est contentée d’affirmer qu’elle ignorait ce qu’avait subi son enfant. Son compagnon, qui n’a pas répondu à la convocation judiciaire, fera l’objet d’un mandat d’arrêt pour être présenté à son tour devant le juge d’instruction.
Quant aux deux fillettes, placées chez des assistantes familiales depuis le début de l’affaire, leur avocate indique qu’elles se trouvent dans un état psychologique très préoccupant.
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