Un ressortissant algérien en situation irrégulière, poursuivi pour une dizaine de vols commis dans les communes bretonnes de Plouaret et Vieux-Marché à l’automne 2025, a été condamné le 19 mars 2026 à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Contrairement aux réquisitions du parquet, aucune obligation de quitter le territoire français n’a été prononcée.

Côtes-d’Armor : dix vols, six mois avec sursis — le tribunal de Saint-Brieuc n’ordonne pas l’expulsion
Jugé le 19 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc pour une série de vols commis dans deux communes du Trégor, un homme de 24 ans en situation irrégulière sur le territoire français a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis. Malgré les réquisitions du ministère public, aucune obligation de quitter le territoire français n’a été prononcée à son encontre.
Une série de vols entre septembre et novembre 2025
C’est dans les bourgs de Plouaret et de Vieux-Marché, dans les Côtes-d’Armor, que les faits se sont déroulés sur une période de deux mois, entre septembre et novembre 2025, relate Le Trégor. Le mode opératoire est invariable : des véhicules sont ciblés, les cartes bancaires et téléphones portables dérobés sont le principal butin. Les cartes subtilisées sont ensuite utilisées dans divers commerces, principalement jusqu’à Brest, en Finistère, pour l’achat de cigarettes.
Le prévenu, né en 2002 en Algérie et sans titre de séjour valable sur le territoire national, s’est présenté seul à l’audience, sans assistance d’un avocat.
La vidéosurveillance, clé de la résolution de l’affaire
L’enquête a largement bénéficié de l’apport des images de vidéosurveillance. Les caméras installées par des particuliers sur leurs propriétés, ainsi que celles des commerçants, ont permis d’identifier le mis en cause et de documenter plusieurs actes de vol ainsi que l’utilisation frauduleuse des cartes bancaires.
Ce dispositif s’est révélé déterminant, car le prévenu a adopté une stratégie de défense minimaliste : il n’a reconnu que les seuls faits pour lesquels son image apparaissait de façon non équivoque sur les enregistrements. Il a nié les autres infractions, y compris certaines dont les lieux étaient distants de quelques dizaines de mètres seulement d’un vol qu’il admettait pourtant avoir commis au cours de la même nuit.
Ă€ la barre, un plaidoyer personnel
Sans représentation juridique, le jeune homme a pris la parole pour plaider sa cause directement devant la magistrate. Il a évoqué une période difficile désormais révolue et affirmé exercer une activité de livreur pour une plateforme de livraison à domicile. Il a également indiqué que sa compagne attendait un enfant pour le mois de mai, argument avancé comme circonstance atténuante. La présidente lui a posé des questions précises à ce sujet, auxquelles il a répondu avec quelques hésitations.
Des réquisitions sévères, un jugement plus mesuré
Le ministère public a regretté ouvertement que le prévenu ne reconnaisse que ce qu’il lui est impossible de nier face aux preuves filmées. Si la magistrate a admis que le préjudice matériel des victimes restait limité, elle a souligné en revanche l’importance du traumatisme psychologique subi par ces dernières. Le parquet a requis quinze mois d’emprisonnement assortis d’un sursis, ainsi qu’une interdiction définitive du territoire français.
Le tribunal a rendu un jugement sensiblement en retrait de ces réquisitions. Le prévenu a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une interdiction de se rendre dans les communes de Plouaret et de Vieux-Marché — lieux de résidence des victimes. L’obligation de quitter le territoire français, réclamée par le parquet, n’a pas été prononcée par la juridiction.
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