Un policier a été mis en examen et placé en détention provisoire pour corruption passive et association de malfaiteurs. Il est soupçonné d’avoir transmis des informations issues de fichiers de police à des Colombiens accusés de meurtre à Lyon, pour le compte d’un narcotrafiquant français détenu en Colombie. Il aurait touché jusqu’à 20 000 euros en moins d’un an.

Un policier écroué pour avoir livré des informations confidentielles à des tueurs colombiens
Mis en examen pour corruption passive et association de malfaiteurs, un fonctionnaire de la police nationale affecté en région parisienne est soupçonné d’avoir vendu des renseignements issus de fichiers officiels à des ressortissants colombiens impliqués dans un meurtre commis près de Lyon. L’affaire révèle les ramifications françaises d’un réseau de narcotrafic opérant depuis l’Amérique du Sud.
Un policier au cœur d’une filière criminelle internationale
Un fonctionnaire de la police nationale, en poste à la sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière en région parisienne, a été mis en examen et placé en détention provisoire, relate Le Parisien. Il lui est reproché des faits de corruption passive et d’association de malfaiteurs dans le cadre d’une enquête conduite par la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Lyon.
L’homme est soupçonné d’avoir fourni, contre rémunération, des informations confidentielles issues de bases de données de la police nationale à des ressortissants colombiens interpellés à Lyon en janvier. Ces derniers sont eux-mêmes mis en cause dans l’assassinat d’un homme par balles, commis en novembre à Écully, dans la banlieue lyonnaise, ainsi que dans des projets de tentative de meurtre et de préparation d’un crime en bande organisée.
Des fichiers de police consultés massivement
Selon les investigations, le suspect a consulté plus de 200 identités dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et dans celui des personnes recherchées en moins de trois mois, entre novembre 2025 et janvier 2026. Cette période coïncide précisément avec une recrudescence de violences attribuées à des commandos colombiens dans l’agglomération lyonnaise, soupçonnés de plusieurs assassinats et tentatives d’assassinats.
Le lien entre le policier et les suspects colombiens a été établi grâce à l’analyse d’un téléphone saisi lors de leur arrestation. Parmi les données retrouvées figurait la photo d’un individu identifié comme une cible. Les enquêteurs ont établi que cette photographie provenait du fichier TAJ et qu’elle avait été consultée le soir même par le fonctionnaire mis en cause.
Les investigations laissent penser que le policier aurait transmis non seulement des photographies, mais aussi les adresses de deux personnes ciblées par le réseau. Les services enquêteurs estiment que ces activités lui auraient rapporté environ 20 000 euros en moins d’un an.
Interpellé à Lyon avec 2 000 euros en espèces
Le fonctionnaire a été interpellé à la mi-mars à proximité de la gare de la Part-Dieu à Lyon, au terme d’une opération de surveillance. Il avait sur lui 2 000 euros en espèces, remis lors d’une brève rencontre avec une intermédiaire, elle aussi interpellée et mise en examen.
Placé en garde à vue, le suspect a reconnu avoir agi en dehors du cadre légal de ses fonctions. Il a néanmoins nié avoir eu connaissance de l’identité des commanditaires ou de la finalité des renseignements qu’il transmettait, affirmant ignorer que les informations servaient à désigner des cibles à des tueurs à gages.
Des mercenaires colombiens aux ordres d’un narcotrafiquant français
Les quatre Colombiens en détention provisoire depuis janvier sont soupçonnés d’être des mercenaires recrutés directement en Colombie. Selon les éléments du dossier, ils auraient agi pour le compte d’un narcotrafiquant français originaire de Lyon, actuellement détenu dans ce pays d’Amérique latine, principal producteur mondial de cocaïne.
Ce dernier pourrait être Karim B.A., surnommé « Fiston », mis en cause dans plusieurs fusillades dans le quartier lyonnais de La Duchère, ciblant des policiers et des membres de réseaux rivaux. Il avait été arrêté à Cali en octobre 2022. Cette affaire illustre la capacité de certains trafiquants à piloter depuis leur cellule des opérations criminelles sur le territoire français, en s’appuyant sur des relais locaux — y compris, selon les enquêteurs, au sein même des forces de l’ordre.
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