Deux policiers marseillais ont été condamnés le 24 mars 2026 pour violences aggravées sur une étudiante de 20 ans lors de la dispersion d’un rassemblement en septembre 2025. Jugés en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ils écopent de 4 mois avec sursis et 400 € d’amende.

Deux policiers condamnés pour avoir violenté une étudiante lors d’une manifestation à Marseille
Ce mardi 24 mars 2026, deux policiers ont été reconnus coupables de violences aggravées sur une jeune étudiante lors d’opérations de maintien de l’ordre à Marseille, en septembre 2025. Jugés dans le cadre d’un plaider-coupable, ils ont chacun été condamnés à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 400 euros d’amende.
Une scène filmée qui a choqué des internautes
Tout commence le 18 septembre 2025, dans le quartier de la Joliette à Marseille, en marge du mouvement de contestation sociale « Bloquons tout ». Les forces de l’ordre procèdent alors à la dispersion de petits groupes de manifestants. Une jeune femme de 20 ans, étudiante en deuxième année d’art, se retrouve seule alors qu’elle tente de fuir des nuages de gaz lacrymogène.
Trébuchant une première fois sur la chaussée, elle essaie de se relever quand deux policiers la suivent. L’un d’eux lui assène un coup de pied aux fesses en lui intimant de partir. La jeune femme chute lourdement, tête la première, évitant de quelques centimètres le bord d’un trottoir. Apeurée, elle répond qu’elle s’en va, mais le second agent la bouscule à son tour, la faisant retomber. Elle repart en titubant, visiblement sous le choc, après avoir imploré son pardon.
Les images, captées par un témoin et diffusées sur les réseaux sociaux, sont partagées des dizaines de milliers de fois en quelques heures, suscitant une vague d’indignation.
Une enquête judiciaire déclenchée dans la foulée
Dès le lendemain de la diffusion de la vidéo, le parquet de Marseille ouvre une enquête pour « violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, commises par une personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion ». Une procédure interne à la police nationale est également diligentée en parallèle.
Lors de leurs auditions libres, les deux fonctionnaires contestent dans un premier temps toute intention de blesser, l’un d’eux allant jusqu’à qualifier la chute de la victime de « disproportionnée ». Ils admettent finalement que leur gestion de la situation « pour dégager la voie de circulation » n’était pas adaptée « par rapport à cette femme » et reconnaissent que leurs actes pouvaient être qualifiés de violences, relate La Provence.
Quatre mois avec sursis au terme d’un plaider-coupable discret
Le 24 mars 2026, les deux agents, âgés respectivement de 40 et 49 ans, comparaissent devant le tribunal judiciaire de Marseille dans le cadre d’une Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Ce dispositif procédural — souvent désigné comme le « plaider-coupable à la française » — permet aux mis en cause d’admettre leur responsabilité et d’accepter une peine négociée avec le parquet, avant qu’elle soit homologuée par un magistrat. La procédure présente l’avantage d’être rapide et de se tenir, pour l’essentiel, à l’écart des caméras.
Penauds et silencieux à la barre, les deux fonctionnaires sont déclarés coupables de violences aggravées commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique et en réunion. Ils écopent chacun de quatre mois d’emprisonnement avec sursis et de 400 euros d’amende.
La victime soulagée, son avocat salue une évolution
À l’issue de l’audience, l’avocat de la plaignante, Me Thomas Hugues, s’est exprimé avec satisfaction. Il a indiqué que sa cliente, qui avait vécu la diffusion publique des images de façon « très humiliante et dégradante », était soulagée de voir son statut de victime officiellement reconnu et de pouvoir « tourner la page ». Le conseil a également relevé une évolution notable dans le traitement de ce type d’affaires à Marseille, estimant que les violences commises par des agents de l’État y étaient désormais reconnues « de façon plus rapide et plus systématique ».
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





