Condamné le 27 mars 2026 par la cour d’assises de Versailles, l’ancien policier Gilles Guilbert écope de dix ans de prison pour le meurtre d’Olivio Gomes, tué de trois balles à Poissy en octobre 2020. La légitime défense n’a pas été retenue. Son avocat annonce un appel.

Dix ans de prison pour l’ex-policier qui a abattu Olivio Gomes à Poissy
Six ans après les faits, la cour d’assises de Versailles a rendu son verdict le vendredi 27 mars 2026. L’ancien fonctionnaire de police Gilles Guilbert a été reconnu coupable du meurtre d’Olivio Gomes, tué de trois coups de feu au pied de son immeuble de Poissy (Yvelines) en octobre 2020. La légitime défense, argument central de la défense, a été formellement écartée par la cour. Son avocat a aussitôt annoncé un appel.
Une filature nocturne aux conséquences fatales
Dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020, Gilles Guilbert, 29 ans, affecté depuis un mois à peine à la Brigade anticriminalité du nord de Paris (BAC75N), patrouille en tenue civile sur le boulevard périphérique en compagnie de deux collègues. Une Renault Clio attire leur attention. Au volant : Olivio Gomes, 28 ans, qui rentre d’une soirée accompagné de deux amis.
Les trois agents entreprennent de suivre le véhicule, d’abord sur le périphérique, puis sur l’autoroute A13. Après plusieurs minutes de filature, ils actionnent leurs avertisseurs et invitent le conducteur à s’immobiliser. Olivio Gomes ignore les injonctions et dépasse deux sorties sans accélérer, en respectant scrupuleusement les limitations de vitesse. Il parcourt ainsi les vingt kilomètres qui le séparent de son domicile à Poissy.
Trois balles tirées à bout portant
À son arrivée en bas de son immeuble, la situation bascule en quelques secondes. Gilles Guilbert descend de son véhicule et met en joue le conducteur de la Clio. Au moment où la voiture redémarre, il ouvre le feu à bout portant : trois tirs. Trois impacts. Olivio Gomes, père de trois enfants, décède sur place — les deux poumons et l’aorte thoracique perforés par une balle de calibre 9 mm.
La légitime défense définitivement écartée
Pendant des années, le prévenu a maintenu avoir agi sous la contrainte d’un danger imminent, affirmant s’être cru en danger de mort. Mais le mercredi 25 mars, à l’avant-dernier jour d’audience, Gilles Guilbert a reconnu pour la première fois qu’une partie de ses tirs n’était pas justifiée, relate Le Midi libre.
Le président de la cour, Didier Safar, a été catégorique lors de la lecture du verdict : les conditions légales de la légitime défense, appréciées au regard des seuls faits objectifs, n’étaient pas réunies. Dans ses réquisitions, l’avocat général avait souligné la totale disproportion de la réaction : Olivio Gomes ne cherchait pas à blesser quiconque, il cherchait à fuir. Son véhicule n’a jamais été utilisé comme une arme.
Un verdict aux multiples volets
Après plus de six heures de délibération, la cour a prononcé une peine de dix ans d’emprisonnement, suivant en grande partie les réquisitions du parquet. La condamnation s’accompagne d’une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique et d’être éligible pendant dix ans. La cour a également prononcé une interdiction de port d’arme d’une durée de quinze ans — mesure particulièrement symbolique pour cet ancien tireur sportif assidu.
Maître Laurent-Franck Liénard, avocat de Gilles Guilbert, a immédiatement signifié l’intention de son client de former appel à l’issue de l’audience.
Un procès aux résonances sociales profondes
Au-delà du seul verdict, ce procès a cristallisé le débat sur les violences policières en France. L’un des avocats de la famille d’Olivio Gomes, Maître Pape Ndiogou Mbaye, a qualifié cette affaire d’« allégorie même de la violence policière », estimant ouvertement que la couleur de peau de la victime avait joué un rôle dans sa mort. Des propos qui ont largement dépassé l’enceinte du tribunal et nourri une controverse nationale.
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