Un homme de 61 ans a été condamné à 70 heures de travaux d’intérêt général par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour avoir menacé de mort avec un couteau une candidate LFI lors d’un collage d’affiches, en présence de ses fils adolescents.

« Je te tranche la gorge » : un sexagénaire condamné pour avoir menacé une candidate LFI avec un couteau à Strasbourg
Pendant un collage d’affiches en pleine campagne municipale, un homme de 61 ans a sorti un couteau et proféré des menaces de mort contre une militante de La France insoumise et ses deux fils. Le tribunal correctionnel de Strasbourg l’a condamné à 70 heures de travaux d’intérêt général.
Une scène de violence en pleine campagne municipale
Le 6 mars, à neuf jours du premier tour des élections municipales, une candidate de La France insoumise (LFI) procédait à un collage d’affiches dans le centre-ville de Strasbourg, accompagnée de ses deux fils adolescents. Un homme croisé par hasard dans la rue a soudainement changé d’attitude en réalisant qu’elle militait pour LFI, avant de sortir un couteau et de la menacer physiquement, relate BFMTV.
La victime, Jamila Haddoum, 44 ans, figurait en dixième position sur la liste conduite par Florian Kobryn aux municipales strasbourgeoises. Elle a relaté les propos tenus ce soir-là par son agresseur : « Il m’a dit : ‘Jamais de la vie tu afficheras ça ici’, ‘je te tranche la gorge’. » Réagissant rapidement, elle a filmé la scène avec son téléphone portable. La vidéo, présentée à des journalistes, a ensuite circulé sur les réseaux sociaux.
70 heures de TIG et 3 000 euros de dédommagement
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu son jugement mardi 31 mars. Le prévenu a été condamné à 70 heures de travaux d’intérêt général, à accomplir dans un délai de 18 mois. À défaut, une peine de quatre mois d’emprisonnement se substituera automatiquement à cette sanction.
Le tribunal a également ordonné le versement de 3 000 euros de dommages et intérêts à la victime et à ses deux fils, eux aussi considérés comme parties civiles au titre du traumatisme subi.
Un suspect interpellé deux jours après les faits, une défense axée sur l’état d’ivresse
L’homme avait été interpellé dès le 8 mars sur son lieu de travail, et son domicile avait fait l’objet d’une perquisition. Lors de l’audience, il a déclaré ne pas avoir de souvenir précis des événements, imputant son comportement à un état d’ivresse avancé.
Son avocat, Me Nicolas Clausmann, a insisté sur l’absence de dimension politique dans ce passage à l’acte. Selon la défense, l’homme traverse une période personnelle difficile depuis le décès de son épouse, et aurait pu tenir les mêmes propos à l’encontre d’un militant de n’importe quel autre mouvement. « Il regrette amèrement ses propos », a assuré son conseil.
La victime ouverte au pardon, mais toujours sous le choc
Malgré la violence de l’agression, Jamila Haddoum a exprimé une posture d’apaisement à l’issue de l’audience. « S’il est vraiment sincère, je suis prête à lui pardonner », a-t-elle confié. Elle a toutefois précisé que, trois semaines après les faits, elle et ses fils demeuraient encore fortement marqués par l’événement.
(Merci Rudy van Cappellen)
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