Une bande de neuf personnes originaires de L’Haÿ-les-Roses a été démantelée après le vol présumé d’une vingtaine de motos de valeur dans des parkings souterrains d’Île-de-France. Préjudice estimé : 350 000 euros. Enquête, mode opératoire et arrestations.

Vol de motos en Île-de-France : une bande de neuf suspects démantelée après deux mois de pillage organisé
Opérant à l’aube dans les parkings souterrains de plusieurs départements franciliens, un groupe soupçonné d’avoir dérobé une vingtaine de deux-roues haut de gamme a été démantelé à la suite d’une enquête menée par la brigade d’enquête d’initiative du Kremlin-Bicêtre. Quatre des neuf personnes interpellées ont été déférées devant le tribunal de Créteil.
Un préjudice estimé à 350 000 euros sur cinq départements
Pendant près de deux mois, une série de vols de motos a frappé plusieurs parkings souterrains d’Île-de-France sans que les investigations n’aboutissent rapidement, relate Le Parisien. Les deux-roues disparaissaient chaque nuit sans laisser de traces exploitables. Ce n’est qu’après la mise en mouvement conjointe de la brigade d’enquête d’initiative (BEI) du commissariat du Kremlin-Bicêtre et de la Compagnie de sécurisation et d’intervention du Val-de-Marne que l’affaire a connu un dénouement.
Les enquêteurs attribuent au groupe le vol d’environ une vingtaine de motos, dont le préjudice total est évalué à 350 000 euros. Les faits auraient été commis dans le Val-de-Marne, à Paris, dans les Hauts-de-Seine, mais aussi dans les Yvelines et le Val-d’Oise. Parmi les modèles dérobés figurent des marques prestigieuses : Harley-Davidson, BMW, Kawasaki, Yamaha, Honda Goldwing, Indian Motorcycle et Piaggio.
Un mode opératoire méthodique, rodé dès le premier coup
Le premier vol documenté remonte à la nuit du 21 au 22 janvier, dans un parking souterrain de Cachan. Un fourgon s’immobilise, des individus cagoulés et gantés en descendent, neutralisent méthodiquement les caméras de vidéosurveillance en les recouvrant de ruban adhésif, puis chargent rapidement une moto avant de repartir sans laisser de traces visibles.
Ce procédé, loin d’être improvisé, obéissait à une logique en deux temps. Dans un premier temps, un véhicule de location — Clio, Cupra Formentor ou Volkswagen T-ROC selon les occasions — permettait d’effectuer un repérage discret des cibles. Les membres du groupe sélectionnaient délibérément les motos non attachées à un point fixe. Quelques heures plus tard, ils revenaient avec un fourgon, toujours aux alentours de 5 heures du matin, afin de profiter de l’absence quasi totale de circulation et de témoins.
Des box secrets pour neutraliser les traqueurs GPS
Une fois volées, les motos n’étaient pas revendues immédiatement. Elles étaient d’abord acheminées vers plusieurs box situés dans un parking souterrain de L’Haÿ-les-Roses. Certains de ces espaces de stockage avaient fait l’objet d’un remplacement de serrure, les rendant inaccessibles même au bailleur. C’est là que les traqueurs GPS étaient soigneusement retirés avant que les engins ne soient convoyés vers un receleur.
Ce dernier réceptionnait les motos dans l’entrepôt d’une société de stockage à Morangis, en Essonne. Il a déclaré lors de sa garde à vue avoir agi pour le compte d’un commanditaire dont l’identité reste à établir.
Une organisation hiérarchisée mise à nu
L’enquête a permis de reconstituer la structure interne du groupe. Deux individus domiciliés à L’Haÿ-les-Roses en tenaient les rênes : l’un conduisait le fourgon lors des vols, l’autre détenait le bip permettant d’ouvrir les portes de garage des parkings ciblés. L’un des deux a reconnu sa participation lors de ses auditions, confirmant le fonctionnement du réseau et précisant la rémunération : entre 400 et 600 euros par vol, selon la valeur de la moto dérobée.
En dehors des deux meneurs présumés, l’enquête a identifié plusieurs rôles distincts : un individu chargé de masquer les plaques d’immatriculation et de couper les antivols dans les box — dont le profil génétique a été retrouvé sur des rubans adhésifs et un gant abandonné sur les lieux —, un transporteur assurant la liaison avec le receleur, ainsi que des chauffeurs pour les véhicules de repérage.
Des preuves matérielles accablantes lors des perquisitions
Les perquisitions conduites dans le cadre du coup de filet ont livré un ensemble de preuves matérielles. Dans les box de L’Haÿ-les-Roses : des outils, des antivols sectionnés et des équipements de moto. Dans les fourgons utilisés : des rouleaux de ruban adhésif cohérents avec le mode opératoire décrit. Chez trois des mis en cause, des vêtements susceptibles de correspondre à ceux portés lors des faits auraient également été découverts.
L’un des suspects détenait près de 6 600 euros en espèces. Chez l’un des chauffeurs présumés, une perquisition a en outre conduit à la découverte de cagoules et de sept cartouches de calibre 7,65 mm, donnant lieu à l’ouverture d’une procédure judiciaire distincte.
Au terme de la procédure, sur les neuf personnes interpellées — huit membres présumés du groupe, âgés d’une vingtaine d’années, et le receleur —, quatre ont été déférées devant le tribunal judiciaire de Créteil.
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