Walker Smith, employé chez Waitrose depuis 17 ans, a été licencié après avoir tenté d’empêcher physiquement un vol de chocolats de Pâques dans un supermarché londonien. Une décision qui suscite un tollé au Royaume-Uni et relance le débat sur la gestion des vols à l’étalage.

Licencié après 17 ans pour avoir tenté d’arrêter un voleur de chocolats de Pâques
Un employé britannique d’un supermarché londonien a perdu son emploi après être intervenu physiquement contre un individu qui dérobait des œufs en chocolat. L’affaire, révélée par la presse britannique, a rapidement enflammé les réseaux sociaux au Royaume-Uni et relancé le débat sur la gestion des vols à l’étalage dans la grande distribution.
Dix-sept ans de fidélité, un geste de trop
Walker Smith, 54 ans, était agent en supermarché chez Waitrose depuis près de deux décennies. Un dimanche, dans l’un des magasins londoniens de l’enseigne haut de gamme, un client l’alerte : un individu serait en train de remplir un sac aux couleurs du magasin avec des œufs Lindt Gold Bunny, vendus à près de 15 euros pièce.
Selon The Gardian, l’employé intervient aussitôt pour récupérer le sac. Le voleur, décrit comme un récidiviste bien connu des équipes de sécurité, s’y oppose et reprend le butin de force. Une brève altercation s’ensuit, le sac finit par se déchirer. Dans un élan d’exaspération, Walker Smith saisit alors l’un des lapins en chocolat et le projette en direction des chariots, sans viser le suspect, précise-t-il.
« Ils m’ont fait sortir par la porte de derrière »
Deux jours après les faits, Walker Smith est convoqué par sa hiérarchie pour un entretien préalable de licenciement. Il reconnaît avoir déjà été averti de ne pas s’interposer en cas de vol à l’étalage, une consigne fréquente dans les grandes surfaces pour des raisons de sécurité.
L’employé s’était pourtant excusé dès le lendemain, ce qui n’a pas suffi à convaincre sa direction. Il raconte avoir vécu cette convocation avec une profonde détresse : « J’ai essayé de rester fort, mais intérieurement, je pleurais. Ils m’ont fait sortir par la porte de derrière, près des poubelles. J’étais complètement démoralisé. »
Après dix-sept années passées dans l’enseigne, Walker Smith dit avoir assisté à des scènes de vol à répétition, chaque heure, chaque jour, depuis cinq ans selon ses propres mots, impliquant des profils très divers, des personnes dépendantes aux mineurs.
Une solidarité nationale, et une offre d’emploi inattendue
L’histoire a rapidement circulé sur les réseaux sociaux britanniques, suscitant une vague de sympathie pour l’ex-employé. Une cagnotte a été mise en ligne pour lui venir en aide, alors que l’homme souffre d’anxiété et craint de se retrouver sans logement à la suite de sa perte d’emploi.
L’affaire a également attiré l’attention d’une enseigne concurrente : Iceland, chaîne de supermarchés britannique, lui a proposé de rejoindre ses équipes.
La position de Waitrose
Face à la polémique, Waitrose a défendu sa décision en invoquant la sécurité de ses employés et de ses clients. Un porte-parole de l’enseigne a déclaré : « En tant qu’employeur responsable, nous ne voulons jamais avoir à annoncer un drame à la famille d’un collaborateur parce qu’il a tenté d’empêcher un vol. Rien de ce que nous vendons ne justifie de mettre des vies en danger. »
L’affaire illustre une tension croissante dans la grande distribution britannique entre la volonté des employés de protéger les marchandises et les directives patronales qui leur interdisent d’intervenir physiquement, pour des raisons à la fois légales et sécuritaires.
(Merci Rudy van Cappellen)
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