Un ex-professeur d’anglais de 81 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire à Paris, soupçonné d’avoir abusé durant trois ans de l’enfant polyhandicapée de son compagnon. Son avocat conteste l’absence de preuves matérielles.

Paris : un octogénaire incarcéré pour viol présumé sur une enfant polyhandicapée
Un ancien enseignant de 81 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire à Paris, soupçonné d’avoir commis des viols répétés sur une enfant handicapée, fille de son compagnon. L’affaire, révélée par des enseignants d’une école spécialisée, oppose la parole fragile d’une fillette à la contestation totale du mis en cause.
Des viols présumés signalés par l’école
C’est au cours de l’année 2025 que l’affaire éclate au grand jour, relate Le Parisien. Des enseignants d’un établissement spécialisé alertent le parquet de Paris après avoir recueilli les confidences troublantes d’une de leurs élèves. La fillette, âgée de 10 à 13 ans au moment des faits allégués, raconte que le compagnon de son père aurait profité de moments d’isolement pour la violer à plusieurs reprises dans l’appartement familial du IIIe arrondissement de Paris.
Entendue par la brigade de protection des mineurs, l’enfant témoigne avec difficulté en raison de son polyhandicap. Malgré ses importantes limitations de communication, elle parvient à décrire des actes de pénétration survenus à huis clos, à de multiples reprises sur une période de trois ans. Ces déclarations constituent le cœur du dossier judiciaire.
Un octogénaire qui clame son innocence
Convoqué dans les locaux de la police judiciaire, l’ancien professeur d’anglais à la retraite nie catégoriquement les faits. Veston noir et cheveux blancs, il s’exprime avec véhémence devant le juge des libertés et de la détention : il affirme ne pas être pédophile et exige que toute la vérité soit établie. Ses protestations n’auront pas suffi à éviter l’incarcération. Mis en examen pour viol incestueux et agression sexuelle sur mineure vulnérable, il a été écroué en fin de semaine.
Le parquet a justifié la détention provisoire par la nécessité de protéger la victime et les témoins, soulignant le contexte intrafamilial des faits présumés et la vulnérabilité particulière de l’enfant. Les autres enfants du foyer ont pour leur part déclaré n’avoir jamais été victimes ni témoins d’actes similaires. La mère des enfants, qui réside en Afrique, n’était pas présente au domicile lors des faits allégués.
La défense conteste l’absence d’éléments matériels
L’avocat du mis en cause, Me Philippe Benamou, monte au créneau avec vigueur. Il souligne que le dossier repose exclusivement sur la parole de l’enfant, sans qu’aucun élément matériel ne vienne l’étayer. Il s’étonne que le ministère public évoque les faits au présent de l’indicatif dans ses réquisitions, alors que rien de tangible ne corrobore les accusations. La défense relève notamment que la description physique faite par l’enfant de son prétendu agresseur ne correspond pas à la réalité, et que l’état de santé de son client rendrait les actes reprochés physiologiquement improbables.
Me Benamou plaide pour un placement sous contrôle judiciaire assorti d’un éloignement en province, estimant qu’une telle mesure suffirait amplement à garantir la sérénité de l’instruction. La demande a été rejetée. L’information judiciaire suit désormais son cours, avec pour enjeu central la crédibilité du témoignage d’une enfant pour qui s’exprimer reste un défi quotidien.
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