Un détenu de 18 ans a déclenché l’alarme incendie du palais de justice de Douai en fumant un joint de cannabis dissimulé dans ses cheveux, peu avant d’être jugé pour trafic de drogue.

Un détenu fume un joint au palais de justice de Douai et déclenche l’alarme incendie
Jeudi après-midi, l’alerte incendie s’est déclenchée dans les sous-sols du palais de justice de Douai. En cause : un détenu de 18 ans qui avait profité de son placement en cellule d’attente pour allumer un joint, dissimulé jusqu’alors dans ses propres cheveux. Une scène surréaliste qui illustre les limites des fouilles et la banalisation de la drogue en milieu carcéral.
Une fumée suspecte au sous-sol du tribunal
En début d’après-midi ce jeudi, selon les informations de La Voix du Nord, les détecteurs de fumée du palais de justice de Douai sont entrés en action. Une intervention rapide des agents a permis d’en identifier immédiatement l’origine : dans une geôle du sous-sol, un prévenu venait de consommer du cannabis. Ni incendie, ni incident grave — mais une situation qui en dit long sur les difficultés à contrôler la circulation des stupéfiants, y compris dans les enceintes judiciaires.
Cannabis dans les cheveux, vodka en promenade
Le jeune homme, âgé de 18 ans et incarcéré à la maison d’arrêt pour trafic de drogue, attendait sa comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Lorsque les surveillants pénitentiaires sont venus le chercher dans sa cellule en début d’après-midi, la fouille avait bien permis de trouver des allumettes glissées dans ses chaussures. Mais elle était passée à côté de l’essentiel : le cannabis, des feuilles à rouler et d’autres allumettes étaient dissimulés dans ses cheveux bouclés mi-longs.
Face aux magistrats, le prévenu n’a montré aucune gêne particulière. « Je savais que ça allait être long, j’ai préféré fumer car ça commençait à ne plus aller dans ma tête », a-t-il déclaré. Il affirme être dépendant au cannabis depuis l’âge de 13 ou 14 ans. Et sa détention ne semble pas avoir mis un frein à ses consommations : il reconnaît boire de la vodka tous les deux jours lors des promenades en cour de prison.
180 grammes saisis dans sa cellule
Cette comparution n’est pas la première mésaventure judiciaire du jeune homme en lien avec la drogue derrière les barreaux. Le 9 mars dernier, une fouille de sa cellule avait conduit à la saisie de 180 grammes de cannabis. Il explique avoir conservé cette quantité pour le compte d’autres détenus, tout en plaidant coupable. Placé en garde à vue mardi, il espérait être jugé sans délai.
Mais la grève des avocats en a décidé autrement. Leur présence étant obligatoire dans le cadre d’une comparution immédiate ou d’un plaider-coupable, l’audience a dû être reportée. Le procès de Thomas D. se tiendra le 18 mai prochain.
Une faille dans la chaîne de surveillance
Au-delà de l’anecdote, cet épisode met en lumière une réalité préoccupante : si les modalités d’introduction de la drogue en prison — parloirs, projections par drones — sont désormais bien documentées, sa présence jusque dans les cellules d’attente des palais de justice révèle une faille supplémentaire dans la chaîne de surveillance. Les fouilles, aussi rigoureuses soient-elles, peinent à détecter des cachettes aussi improbables que la chevelure d’un prévenu.
(Merci Rudy van Cappellen)
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