Dans la Manche, un gendarme suspendu de ses fonctions doit être jugé en juin après la découverte de près de 6 500 photos de mineurs sur son ordinateur. L’activité d’assistante maternelle de son épouse alimente l’inquiétude de plusieurs familles.

Manche : un gendarme suspendu après la découverte de 6 500 photos de mineurs, un procès annoncé en juin
Un gendarme affecté dans la Manche doit comparaître en juin pour consultation présumée d’images à caractère pédopornographique. L’enquête, déclenchée après un signalement portant sur des transactions suspectes en cryptomonnaie, a également suscité l’inquiétude de familles dont les enfants étaient gardés au domicile du couple.
Une enquête ouverte après des transactions suspectes
Selon les informations de Radio France, l’affaire concerne un militaire de la gendarmerie en poste à Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche. Il a été placé une première fois en garde à vue le 10 décembre 2025 par la section de recherche de Caen dans le cadre d’investigations portant sur la consultation présumée de sites diffusant des contenus pédocriminels.
Selon les éléments rendus publics, les investigations ont débuté après un signalement de Tracfin relatif à des mouvements financiers jugés suspects, effectués en cryptomonnaie vers un site internet illégal. Dans un premier temps, les enquêteurs n’auraient pas disposé d’éléments suffisants pour consolider le dossier.
Une nouvelle mesure de garde à vue est ensuite intervenue au début du mois de janvier. Les enquêteurs ont alors découvert sur l’ordinateur du militaire près de 6 500 photos de mineurs. Le gendarme doit désormais être jugé en juin.
Suspension immédiate et départ du logement de fonction
À la suite de la procédure, le militaire a fait l’objet d’une suspension immédiate de ses fonctions. Il a également quitté de son propre chef le logement situé au sein de la brigade où il résidait.
Sa démission, annoncée comme prochaine, devait intervenir au début du mois de mai, sous réserve d’éventuelles suites disciplinaires. À ce stade, l’intéressé bénéficie de la présomption d’innocence.
L’activité d’assistante maternelle de son épouse au centre des préoccupations
L’affaire a pris une dimension supplémentaire en raison de la situation familiale du mis en cause. Son épouse exerçait comme assistante maternelle agréée et accueillait, à leur domicile, de jeunes enfants confiés par plusieurs familles.
Après la dernière garde à vue de son mari, elle a mis fin à l’ensemble de ses contrats de garde. Cette décision a provoqué de nombreuses interrogations chez les parents concernés, d’autant qu’aucune information précise ne leur avait été transmise dans l’immédiat.
Plusieurs familles ont cherché à obtenir des explications auprès des autorités locales et du parquet. Certaines disent ne pas avoir compris pourquoi elles n’avaient pas été alertées plus tôt, compte tenu de la présence régulière d’enfants au domicile du couple.
Le parquet justifie l’absence d’information directe aux familles
Le procureur de Caen a expliqué que le suspect recherchait, selon les premiers éléments de l’enquête, des images d’adolescentes ou de préadolescentes âgées de 10 à 18 ans, et non de très jeunes enfants. C’est sur cette base qu’il n’aurait pas été décidé d’identifier ni de contacter les familles ayant confié leurs enfants à l’épouse du gendarme.
Cette position n’a toutefois pas dissipé l’inquiétude de certains parents. Plusieurs d’entre eux disent redouter les conséquences de cette affaire et estiment avoir été directement concernés par la situation.
Le procès du gendarme est annoncé pour le mois de juin. D’ici là , la procédure judiciaire devra permettre de préciser les faits reprochés et leur qualification exacte.
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