Un inspecteur du permis de conduire des Hautes-Pyrénées est suspendu pour voyeurisme. Trois femmes ont porté plainte. Une enquête préliminaire est ouverte à Tarbes.

Un inspecteur du permis de conduire suspendu pour voyeurisme dans les Hautes-Pyrénées
Trois femmes ont porté plainte contre un agent chargé des examens du permis de conduire dans les Hautes-Pyrénées, accusé d’avoir photographié des collègues à leur insu, parfois de manière intime. Une enquête préliminaire est en cours au parquet de Tarbes.
Un fonctionnaire mis à l’écart depuis décembre
Depuis décembre dernier, un inspecteur du permis de conduire exerçant dans les Hautes-Pyrénées a été suspendu de ses fonctions par la préfecture dont il relève, rapporte France Info. La mesure administrative fait suite à des soupçons de voyeurisme graves, portant sur des faits commis à l’encontre de plusieurs collègues féminines. Le parquet de Tarbes a ouvert une enquête préliminaire. L’homme s’expose à une radiation définitive de la profession.
Des centaines de photos prises à l’insu des victimes
Trois femmes — monitrices et directrices d’auto-écoles dans le secteur de Bagnères-de-Bigorre — ont déposé plainte au début du mois de décembre. Selon les éléments recueillis, le mis en cause aurait pris des centaines de photographies à leur insu, parmi lesquelles certaines montrent les parties intimes des plaignantes. D’autres clichés, en apparence anodins, ont également été retrouvés.
Son mode opératoire était méthodique : il plaçait son téléphone sous les tables lors de repas ou de pauses café partagés avec ses collègues. Des images ont aussi été captées à l’intérieur de véhicules d’auto-écoles. Par ailleurs, l’inspecteur avait récupéré des photos publiées sur les profils Facebook de ses collègues et photographié les pièces d’identité de candidates à l’examen du permis. Parmi les personnes apparaissant sur ces clichés figurent également des adolescentes, qui n’étaient pas nécessairement candidates à l’examen.
Découvert par son épouse, entendu en garde à vue
C’est l’épouse du suspect qui a mis fin à ces agissements. En découvrant les documents sur ses appareils, elle a alerté la gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre. Une perquisition a été conduite à leur domicile en octobre 2025 : téléphones, ordinateurs et tablettes ont été saisis. L’homme a ensuite été placé en garde à vue et entendu par les enquêteurs.
À l’issue de cette garde à vue, il a été remis en liberté. Le parquet de Tarbes a estimé que sa suspension administrative et la saisie de ses appareils limitaient suffisamment le risque de récidive pour ne pas justifier de mesure de détention.
Une victime témoigne : « Il a reconnu les faits »
L’une des plaignantes a raconté avoir confronté directement le mis en cause avant sa suspension. Face à elle, l’inspecteur aurait reconnu les faits et déclaré « être malade » et avoir besoin de soins. La victime précise qu’elle entretenait des relations cordiales avec lui — ils partageaient parfois un verre après le travail — et qu’il n’avait jamais eu de comportement déplacé à son égard.
Contacté, l’avocat de la défense n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur le dossier.
Des procédures disciplinaires et pénales en parallèle
L’affaire suit désormais un double cheminement : administratif, avec la suspension en cours et le risque de radiation, et judiciaire, avec l’enquête préliminaire du parquet de Tarbes. Les investigations portent notamment sur l’exploitation des appareils saisis afin d’établir précisément l’étendue des faits et le nombre de victimes potentielles.
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