Un homme de 25 ans condamné à 32 mois de prison ferme pour avoir frappé un dealer au visage avec une bouteille de whisky à Moissac. La victime : 35 jours d’ITT.

Moissac : 32 mois de prison ferme pour avoir fracassé le visage d’un dealer avec une bouteille de whisky
Un Nantais de 25 ans, déjà lourdement condamné pour violences, a été jugé le 12 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Montauban. Reconnu coupable d’avoir grièvement blessé un revendeur de cannabis lors d’une transaction nocturne à Moissac en juin 2025, il a été condamné à 32 mois d’emprisonnement ferme. La victime avait subi 35 jours d’incapacité totale de travail — un quantum exceptionnel dans ce ressort judiciaire.
Une soirée alcoolisée qui dégénère en violence extrême
Tout commence dans la nuit du 29 au 30 juin 2025, à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. Grégory, 25 ans, originaire de Nantes, cherche à prolonger une soirée déjà bien arrosée en se procurant de la résine de cannabis, relate La Dépêche. Il prend contact avec une connaissance et convient d’un rendez-vous dans le square Firmin-Bouisset — situé à quelques mètres à peine du poste de police municipale. Il se présente accompagné d’un ami, bouteille de Jack Daniel’s à la main.
La transaction ne se passe pas comme prévu. Le revendeur hésite, adopte une attitude jugée suspecte par Grégory, et commence à siffler en direction de personnes dans les environs. Face à ce qu’il perçoit comme une menace pour son argent, Grégory frappe violemment la victime au visage avec la bouteille de whisky.
Une victime grièvement blessée, hospitalisée quinze jours
Les conséquences sont dramatiques. La victime est immédiatement prise en charge aux urgences de Moissac, avant d’être transférée aux urgences de Montauban puis au service neurologique du centre hospitalier universitaire de Toulouse-Purpan. Elle y reste hospitalisée pendant quinze jours, souffrant de multiples fractures et d’une hémorragie crânienne.
Le certificat médical fait état de 35 jours d’incapacité totale de travail (ITT), une durée que la présidente du tribunal qualifie elle-même de singulière dans la juridiction. En audience, elle décrit les photographies des blessures avec une retenue qui trahit une certaine stupéfaction : « Monsieur a la tête explosée. »
À la barre, des aveux sans réelle remise en question
Lors de l’audience du 12 juin 2026 — après un premier renvoi le 21 avril —, Grégory reconnaît les faits sans détour mais minimise leur gravité. « Il ne voulait pas passer le produit, il était bizarre. J’ai mis un coup de bouteille. Je ne voulais pas perdre mon argent. Sur le coup, j’ai réagi comme ça, c’était un peu excessif », déclare-t-il à la présidente.
Il met également en cause son compagnon de soirée, surnommé Nico, affirmant que ce dernier avait tenté d’asséner un coup de pied à la victime. Les magistrats écartent cette version, estimant qu’elle ne correspond pas aux éléments matériels du dossier. Nico, lui, n’a jamais été retrouvé par les gendarmes.
Un profil préoccupant aux yeux du parquet
Le casier judiciaire de Grégory est déjà chargé : il s’agit de sa cinquième ou sixième comparution pour violences aggravées. La procureure Lucile Mouthier dresse un tableau sombre d’un « éternel recommencement ». L’expert psychiatre va plus loin, évoquant une « dangerosité criminalistique » avérée et un risque élevé de réitération.
« Chez lui, le recours à la violence est quelque chose de structurel. Il ne tire pas les conséquences de son comportement et banalise ses passages à l’acte », résume la représentante du ministère public. Elle requiert deux ans d’emprisonnement ferme assortis d’un maintien en détention, ainsi que la révocation d’un précédent sursis probatoire de huit mois.
La défense plaide la réinsertion
L’avocate de la défense, Me Julie-Émilia Rodriguez, tente d’abord de contester la qualification de violences en réunion, en soulignant que le rôle de Nico n’a jamais pu être établi judiciairement. Elle reconnaît toutefois la gravité des blessures et la certitude d’une condamnation sévère.
Invoquant le parcours personnel difficile de son client — violences subies dans l’enfance, placements successifs en familles d’accueil —, l’avocate plaide pour une peine assortie d’un sursis probatoire renforcé, destiné à encadrer un parcours de soins et à réduire le risque de récidive. « Cela donne rarement des adultes stables », reconnaît-elle. Le tribunal ne suivra pas cette demande.
32 mois ferme, sans mesure de suivi à la sortie
Grégory est condamné à 32 mois d’emprisonnement ferme. Aucune mesure sociojudiciaire n’est prévue à sa libération. Il lui est interdit de porter une arme et de se présenter à toute élection pendant cinq ans. La victime, absente à l’audience, n’était pas représentée par un avocat.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





