Le créateur de mode Mason Ewing fait l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Meaux. Seize hommes l’accusent de viols et agressions sexuelles commis entre 2009 et 2019. Réfugié aux États-Unis, il refuse de rentrer en France pour s’expliquer.

Mason Ewing : une information judiciaire pour viols et agressions sexuelles visant seize hommes
Le styliste et réalisateur malvoyant, aujourd’hui aux États-Unis, fait l’objet d’une instruction judiciaire ouverte par le parquet de Meaux. Seize victimes présumées, toutes de sexe masculin, dénoncent des faits qui se seraient produits entre 2009 et 2019 en Seine-et-Marne. L’artiste nie les accusations et refuse de rentrer en France.
Une instruction judiciaire après des mois d’enquête préliminaire
Le dossier Mason Ewing a franchi un cap décisif. Le parquet de Meaux a ouvert, en novembre dernier, une information judiciaire confiée à deux juges d’instruction. L’enquête porte désormais sur seize victimes potentielles, toutes des hommes, pour des faits allégués d’agressions sexuelles, de viols et de harcèlement s’étalant sur une décennie, de 2009 à 2019, relate Le Parisien. Parmi les plaignants, deux étaient mineurs au moment des faits qui leur sont reprochés.
Le passage à l’instruction constitue une étape significative dans cette procédure. Jusqu’alors, les investigations relevaient d’une enquête préliminaire, révélée au public en mars 2025. Les enquêteurs du service local de police avaient cherché à entendre Mason Ewing à l’automne 2025, sans succès.
Des castings utilisés comme prétexte présumé
La lecture des plaintes déposées révèle un schéma récurrent. Selon les déclarations des plaignants, le styliste aurait utilisé des annonces de casting pour des projets cinématographiques ou de mode afin d’attirer de jeunes hommes dans son appartement, situé à Meaux et décrit par les enquêteurs comme « totalement encombré » et « insalubre ».
Une fois sur place, il aurait invoqué son handicap visuel pour justifier un contact physique avec ses interlocuteurs.
L’un des plaignants, Eddy, décrit ainsi des faits qui se seraient déroulés en 2009 : « Il me montre son book, cite des célébrités, puis m’explique que, comme il ne voit pas, il a besoin de toucher ses acteurs. Je me retrouve face à lui, ses mains descendent. Je suis figé. Je lui demande d’arrêter. Il continue. Je parviens finalement à quitter les lieux. »
Un mandat de recherche et une perquisition sans interpellation
Face au refus persistant de Mason Ewing de répondre aux convocations, le parquet de Meaux a délivré un mandat de recherche à son encontre en septembre 2025. Le 24 septembre, une perquisition a été menée dans son appartement meuxien, où deux hommes âgés de 21 et 27 ans ont été trouvés sur place. Tous deux ont livré aux enquêteurs un portrait élogieux de l’artiste, affirmant n’avoir jamais été victimes de comportements déplacés.
Mason Ewing, qui se trouverait actuellement aux États-Unis où il dit poursuivre sa carrière artistique, a communiqué par écrit avec la police et le parquet pour signifier son impossibilité de rentrer. Il y dénonce de « fausses accusations » et affirme que sa vie serait en danger en France. Son propre avocat de l’époque, Me Edgar Enyegue, a publiquement regretté cette décision : « Je lui avais conseillé de revenir s’expliquer. Il était dans son intérêt de déférer à la convocation pour se défendre. »
Les victimes présumées saluent l’avancée judiciaire
Du côté des parties civiles, l’ouverture de l’information judiciaire est vécue comme une reconnaissance. Fabio, premier plaignant à avoir déposé plainte en 2022, se félicite que « le dossier bouge » et que les récits aient « été pris au sérieux par la justice ». Il appelle néanmoins à la patience : « C’est une étape importante, mais je sais qu’il faudra encore du temps avant sa comparution devant un tribunal. »
Son avocate, Me Géraldine Vallat, qui représente plusieurs plaignants, juge la décision du parquet « légitime, eu égard à la gravité des faits dénoncés », après deux années de procédure et de collecte de témoignages.
L’appel à témoins lancé par Fabio sur les réseaux sociaux a permis de recenser, au-delà des seize victimes officiellement enregistrées par la justice, une vingtaine de noms supplémentaires transmis aux enquêteurs. Les témoignages continuent d’affluer. Quant au refus de l’accusé de rentrer en France, Fabio tranche avec froideur : « C’est ridicule. Le vent a tourné. Il n’a plus aucun pouvoir. Cela prendra le temps qu’il faut, mais il ne pourra pas s’en sortir. »
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