Le tribunal administratif de Lyon a confirmé l’exclusion de trois jours d’un lieutenant-colonel des pompiers du Rhône pour avoir accueilli sans autorisation des étudiants de l’ISSEP, l’école fondée par Marion Maréchal. Retour sur une affaire mêlant devoir de réserve, loyauté institutionnelle et engagement politique.

Un lieutenant-colonel des pompiers du Rhône sanctionné pour une visite non autorisée à l’école de Marion Maréchal
Un officier supérieur du Service départemental et métropolitain d’incendie et de secours du Rhône a été exclu trois jours pour avoir ouvert les portes d’une caserne aux étudiants de l’ISSEP sans en référer à sa hiérarchie. Le tribunal administratif de Lyon a validé cette sanction disciplinaire dans une décision rendue le 19 février 2026.
Une caserne ouverte sans autorisation
En avril 2024, le lieutenant-colonel Xavier Eginard, alors chef de la caserne de Villeurbanne-Cusset et responsable du groupement Est du SDMIS, a organisé une visite pour des étudiants de l’Institut de Sciences Sociales Économiques et Politiques (ISSEP), relate Actu Lyon ´. Cette école privée, fondée par la personnalité politique Marion Maréchal, n’entretient aucun lien avec les missions de service public assurées par les sapeurs-pompiers du Rhône.
Durant cette visite, les étudiants ont manipulé du matériel sportif appartenant au service. L’officier a ensuite participé à une courte vidéo promotionnelle diffusée en ligne par l’établissement, dans laquelle il déclinait son identité et indiquait avoir accompagné « avec plaisir » cette visite.
Une double faute aux yeux de l’institution
Le 23 août 2024, la préfète du Rhône Fabienne Buccio et le SDMIS ont prononcé à l’encontre de l’officier une exclusion temporaire de trois jours. Deux griefs principaux lui sont reprochés : avoir associé l’image du service public à celle d’une structure à positionnement politique affiché, et avoir agi sans en informer sa hiérarchie, en méconnaissance de l’obligation de loyauté inscrite dans le règlement intérieur du SDMIS.
Ce règlement impose aux personnels une stricte obligation de réserve, y compris dans leur sphère privée et sur internet. Tout contenu susceptible de porter atteinte à la réputation ou à l’image du service est formellement encadré.
Le tribunal valide la sanction
Après sa mise à la retraite, Xavier Eginard a saisi le tribunal administratif de Lyon pour obtenir l’annulation de la sanction et une indemnisation de 30 000 euros au titre du préjudice moral. Les deux demandes ont été rejetées.
Dans son jugement du 19 février 2026, la juridiction estime que l’officier, même sans avoir exprimé d’opinion politique personnelle, a « participé à associer publiquement l’image du SDMIS à celle de l’ISSEP ». Les magistrats retiennent également une négligence caractérisée pour ne pas avoir vérifié la couverture assurantielle lors de l’utilisation du matériel sportif par des personnes extérieures au service.
Des arguments de défense écartés un à un
L’ancien lieutenant-colonel soutenait que la vidéo n’était pas destinée à être diffusée publiquement. Le tribunal a écarté cet argument : il lui appartenait de s’en assurer et d’obtenir des garanties formelles en ce sens avant d’y participer.
La référence à un précédent disciplinaire impliquant un autre officier du service n’a pas davantage convaincu les juges, qui ont précisé qu’il était « sans incidence » sur la légalité de la sanction prononcée.
Compte tenu du grade et du niveau de responsabilité de l’intéressé, le tribunal a jugé la mesure de trois jours d’exclusion proportionnée aux faits reprochés.
Une vidéo toujours en ligne
Malgré les démarches engagées par le SDMIS pour obtenir le retrait de la vidéo, celle-ci reste accessible sur certaines plateformes en ligne. Lors de l’audience, l’avocat du service avait reconnu la nécessité de « relancer ou envisager autre chose » pour parvenir à sa suppression définitive.
L’affaire connaît un épilogue révélateur : en janvier 2025, Xavier Eginard est retourné à l’ISSEP, cette fois en qualité d’intervenant, pour y donner une conférence intitulée « Le courage de commander : le choix d’un chef ».
(Merci Yann Bourguignon)
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1984, comme disait Orwell.
vous avez raison , 1984!!!!!!!!!!!!!!!
Bonjour , au moins , ces Ă©tudiants , n’ont pas caillassĂ©s , les soldats du feu , comme , des racailles , qui , logent , dans des citĂ©s vachement difficiles . Cordialement .
Le Politburo a mis ses sanctions.