Condamné pour provocation à la haine en récidive, l’ex-élu FN Franck Sinisi a écopé de 10 mois avec sursis après avoir tagué et déposé des os de porc devant une salle de prière musulmane à Fontaine (Isère).

Ex-élu FN condamné pour islamophobie : os de porc devant une mosquée, dix mois avec sursis à la clé
Un ancien conseiller municipal de Fontaine, en Isère, a été reconnu coupable de provocation à la haine en récidive par le tribunal correctionnel de Grenoble ce mercredi 10 juin 2026. Franck Sinisi, ex-militant du Front national, avait déposé des restes de porc devant une salle de prière musulmane et y avait apposé des tags insultants. Il est condamné à dix mois d’emprisonnement avec sursis, assortis de cinq ans d’inéligibilité.
Une action filmée
Dans la nuit du 19 septembre 2025, rue Marguerite-Tavel à Fontaine, commune de la banlieue grenobloise, la salle Eugénie-Cotton — utilisée comme lieu de prière par l’Association Cultuelle des Musulmans de Fontaine — est visée par un acte délibéré, relate Ici Isère. Sur les vitres du bâtiment apparaissent des inscriptions telles que « Islam dehors » et « Charlie Martel 732 », tandis que sur le seuil de la porte sont abandonnés des côtes de porc et une tranche de saucisson. Un geste volontairement provocateur, à forte charge symbolique.
L’enquête progresse rapidement : des traces ADN relevées sur place conduisent les enquêteurs jusqu’à Franck Sinisi. Lors de l’audience, l’ancien élu assume pleinement les faits. Il reconnaît avoir déposé les restes de viande porcine, être l’auteur des inscriptions injurieuses, et ne conteste pas les preuves biologiques. Il déclare toutefois vouloir « s’excuser envers la communauté musulmane », précisant qu’il est « contre l’islamisation de la France » mais « pas contre les musulmans ».
Une condamnation en récidive
Le tribunal correctionnel de Grenoble a retenu la circonstance aggravante de récidive. Ce n’est en effet pas la première fois que Franck Sinisi est poursuivi pour des infractions de cette nature. Déjà exclu du Front national en 2017 pour des propos jugés discriminatoires envers les Roms, il avait été condamné la même année par la cour d’appel de Grenoble pour incitation à la haine raciale.
La juridiction lui a infligé dix mois d’emprisonnement avec sursis, accompagnés de cinq ans d’inéligibilité — ce qui lui interdit de se présenter à toute élection — ainsi qu’une obligation de travail et de soins. Il lui est par ailleurs fait interdiction de paraître aux abords de la salle Eugénie-Cotton.
La communauté musulmane salue le verdict
À la sortie de l’audience, Gharib Achour-Talet, président de l’Association Cultuelle des Musulmans de Fontaine, s’est exprimé avec sobriété mais satisfaction. « Nous sommes extrêmement satisfaits, cela correspond à ce qu’on attendait », a-t-il déclaré, soulignant l’importance symbolique du jugement pour ses concitoyens. Il a tenu à remercier les pouvoirs publics, en particulier la préfète de l’Isère, pour la conduite de l’enquête ayant permis d’établir les responsabilités.
Pour la communauté, ce procès représente bien plus qu’une condamnation individuelle : il constitue une réponse judiciaire à un acte perçu comme une atteinte à la coexistence et au respect du fait religieux sur le territoire.
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La peine est plus lourde que celle d’un violeur sur bébés.