À Rillieux-la-Pape, des policiers ont été attirés dans un guet-apens via un faux appel au 17. Deux épisodes de violences urbaines, neuf interpellations dont huit mineurs, et une réponse ferme de la mairie et de la préfecture du Rhône.

Rillieux-la-Pape : des policiers piégés par un faux appel au 17, neuf interpellations dont huit mineurs
Dans la soirée du mercredi 7 mai, des policiers de la métropole de Lyon ont été victimes d’un guet-apens orchestré par des individus cagoulés à Rillieux-la-Pape. Deux épisodes distincts de violences urbaines ont secoué la commune, entraînant neuf arrestations. La préfecture du Rhône a réagi en déployant des renforts, tandis que la mairie a annoncé des mesures fermes à l’encontre des familles des mineurs impliqués.
Un piège tendu dès 18h30
Tout commence en fin d’après-midi, lorsqu’un appel signalant un vol avec violence place de Verdun mobilise une patrouille, relate Actu Lyon. À leur arrivée sur les lieux, les policiers ne trouvent aucune victime, mais font face à une dizaine d’individus vêtus de noir, visages dissimulés, pierres en main. Le faux appel au 17 n’avait qu’un seul objectif : attirer les forces de l’ordre dans un traquenard. Le véhicule de police est violemment pris pour cible, mais l’intervention rapide des agents permet l’interpellation de deux mineurs.
« On ne peut que déplorer, une fois de plus, une violence gratuite sur cette commune », réagit Alain Barberis, secrétaire départemental du syndicat Alliance, dénonçant l’absence de réponse judiciaire suffisamment dissuasive face à ces actes répétés.
Deuxième épisode : une quarantaine de jeunes à l’assaut d’un équipage
Vers 22h30, la tension remonte d’un cran avenue de l’Europe. Un second équipage est pris à partie par une quarantaine d’individus qui lancent des cailloux, projettent des bombes de peinture et tirent des mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre. Selon un policier présent ce soir-là , ce regain de violences serait directement lié aux deux interpellations survenues quelques heures plus tôt.
Des renforts sont rapidement dépêchés sur place et un dispositif de dispersion mis en œuvre. Si aucun blessé n’est à déplorer parmi les policiers, plusieurs véhicules de service ont subi d’importants dommages matériels.
Neuf interpellations, dont huit mineurs âgés de 11 à 17 ans
Au bilan de la nuit, l’action conjointe des polices municipale et nationale a permis l’arrestation de neuf individus. Parmi eux, huit sont mineurs, âgés de 11 à 17 ans. Une réalité qui illustre la jeunesse croissante des auteurs de violences urbaines et pose la question de la prise en charge éducative et judiciaire de ces profils.
La préfecture mobilise la CRS 83
Dès le lendemain, la préfecture du Rhône a annoncé le déploiement de la CRS 83 à Rillieux-la-Pape, en soutien aux effectifs locaux de la police nationale. Le syndicat UN1TE 69 a, de son côté, exprimé son entier soutien aux agents visés et appelé à ce que les auteurs soient retrouvés et jugés pour leurs actes.
La mairie hausse le ton : accompagnement parental ou sanctions
Dans un communiqué publié en début de semaine, la mairie de Rillieux-la-Pape a fermement condamné ces actes. Thibaud Vincendeau, directeur de cabinet du maire, n’a pas mâché ses mots : « Ces actions sont clairement motivées par la haine de la police. Cette haine prend racine dans les discours anti-flic tenus jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. »
La commune entend désormais responsabiliser les familles des mineurs interpellés. Un accompagnement parental leur sera proposé. En cas de refus, les aides municipales dont bénéficient ces foyers seront suspendues et une procédure d’expulsion de logement social pourra être engagée. « Les parents doivent être placés face à leurs responsabilités. Quand on a des enfants, on s’en occupe », martèle le directeur de cabinet. La mairie réaffirme également qu’il n’existe « aucune zone de non-droit » sur le territoire communal.
(Merci Yann Bourguignon)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




